MONTRÉAL – À 34 ans, Marie-Andrée Lessard n’a toujours pas renoncé à son objectif de vivre sa première expérience olympique. Mais la volleyeuse de plage n’a pas choisi la voie de la facilité pour y parvenir. Avec sa coéquipière Annie Martin, elles auront franchi un véritable parcours à obstacles si elles parviennent à décrocher leur billet pour Londres. Mais le défi est à la mesure de cette battante qui s’engage pleinement dans tout ce qu’elle fait.

Lessard et Martin, qui font équipe sur la scène internationale depuis la fin de la saison 2008, devront vraisemblablement patienter jusqu’au 7 juillet avant de savoir si elles seront de l’équipe olympique canadienne à Londres.

«Il y a deux façons de se qualifier pour les jeux. La première est de figurer parmi les 16 meilleures équipes du circuit mondial (chaque pays peut envoyer un maximum de deux équipes). Et pour le moment, nous n’avons pas accumulé assez de points pour nous retrouver parmi le top-16», explique Lessard.

«Le scénario le plus probable, c’est de prendre part à la Coupe continentale qu’il nous faudra gagner. Depuis les débuts du processus de qualification olympique, c’est la façon la plus intéressante pour le Canada d’accéder aux JO. Comme les États-Unis ont déjà été éliminés au premier tour, nous nous battrons contre des équipes de notre calibre.»

La tâche de Lessard et Martin pour assurer leur qualification olympique est d’autant plus ardue qu’elles n’ont pas toujours obtenu le soutien de leur fédération nationale. Leur décision de poursuivre leur association en dépit d’un avis contraire de l’entraîneur national et leur refus d’aller s’entraîner au centre national à Toronto ont froissé quelques susceptibilités.

«C’est une décision que nous avons longuement mûrie, se rappelle Lessard. À la fin de la saison 2009, nous voulions vraiment continuer à jouer ensemble même si ce n’était pas nécessairement le plan de Volleyball Canada. Toutes les deux, nous avons vraiment la même philosophie sur la façon de voir la compétition.

«De plus, nous n’avions pas envie de déménager à Toronto. Nous n’en sommes plus au début de notre carrière. D’ailleurs, toute notre structure était en place à Montréal, avec notre entraîneur, notre thérapeute. Je pense que nous avons pris la bonne décision.»

Ce qui n’a pas empêché le duo de se livrer à une remise en question en 2010.

«Même si nous avions encore beaucoup de plaisir à jouer ensemble, nous nous sommes demandées: est-ce qu’on a fait le tour du jardin? Nous sommes allées au bout de notre réflexion. C’était important de le faire car il faut s’engager pleinement quand on vise une participation aux Jeux olympiques.»

Un autre défi dans leur quête d’une sélection olympique a été de trouver le financement pour couvrir les dépenses liées à l’entraînement à l’étranger et aux tournois internationaux. L’objectif de leur campagne était d’amasser 185 000 $ et elles l’ont presque atteint.

Pour boucler leur budget de la saison 2012, elles ont décidé de sortir des sentiers battus. Plutôt que de demander des dons, les deux athlètes ont eu l’idée d’offrir quelque chose en retour d’un soutien financier. C’est ainsi qu’elles ont créé un site Internet (tousensante.ca) où, au cours des six prochains mois, elles publieront six capsules-santé comprenant des articles et des vidéos qui porteront notamment sur l’alimentation, l’entraînement, les sources d’agents stressants et autres sujets. On peut s’abonner au forfait des six capsules (30 $) ou les acheter individuellement (8 $).

Lessard a également mis à la disposition de l’équipe la bourse de 50 000 $ qu’elle a méritée en remportant Le Défi des champions, une compétition amicale entre athlètes sur les arts du cirque dans le cadre d’une émission de télévision. L’expérience lui a beaucoup plus.

«Quand on m’a approchée, dès que j’ai entendu le mot cirque, ç’a réveillé la petite fille en moi. Je me souviens quand j’étais jeune et que nous avions de la visite à la maison, je faisais asseoir tout le monde et je leur faisais mon spectacle. Il ne m’a pas fallu longtemps avant d’accepter l’offre.»

Lessard et Martin, cette dernière ayant pris part aux Jeux d’Athènes en 2004 avec Guylaine Dumont, forment la plus petite paire sur le circuit international. Dans un sport où ce facteur constitue un handicap, elles réussissent quand même à se tirer d’affaire.

«On mise sur notre forme physique et notre rapidité pour compenser. On use également de feintes pour tromper nos rivales afin qu’elles ne puissent utiliser toute leur puissance, dit Lessard, ajoutant qu’elles ont recours à un arsenal d’une quinzaine de signaux pour établir leur stratégie.

«On s’efforce aussi de servir le plus fort possible de façon à éloigner nos rivales du filet. Cela nous donne une meilleure chance de récupérer le ballon. En contrepartie, cela met énormément de pression sur notre contrôle du ballon. Il nous faut être très précises, très constantes, autant dans notre réception que dans notre jeu de passe. Tout doit être réglé au quart de tour.»

Peu importe ce qui arrivera d’ici le mois de juillet, Lessard trace déjà un bilan très positif de sa carrière.

«Les Jeux olympiques, c’est certain que j’aurais aimé que ça arrive plus tôt dans ma carrière. Dans ma tête, ça fait longtemps que je veux aller aux Jeux, dit celle qui s’est classée quatrième avec Sarah Maxwell aux Jeux panaméricains de Rio de Janeiro en 2007.

«Mais en même temps, je n’ai aucun regret sur ce que j’ai accompli et de la façon dont je l’ai fait. Peut-être que ma taille m’a limitée. J’aurais peut-être pu choisir un autre sport. Tu peux toujours en ajouter un peu sur ton palmarès. Mais en même temps, sur le plan humain, j’ai fait tout ce que je pouvais pour y arriver. C’est la même chose pour Londres, je n’aurai pas de regret au bout du compte.»

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