MONTRÉAL – Avec la retraite d’Alexandre Bilodeau à la fin de la dernière campagne, on a parfois l’impression que le ski de bosses est devenu l’affaire que de Mikaël Kingsbury au sein de l’équipe masculine canadienne de Coupe du monde de ski acrobatique.

Si Kingsbury domine encore le classement général — il vient de remporter les quatre dernières étapes de la Coupe du monde et le titre mondial en bosses en parallèle — ses coéquipiers Philippe Marquis, Simon Pouliot-Cavanagh et Marc-Antoine Gagnon suivent de près. Marquis, pour un, souhaite même le surpasser.

Il l’admet cependant: pas cette saison. Avec 429 points au compteur, Kingsbury détient une avance de 204 points sur Marquis avec seulement quatre courses à faire, dont la prochaine aura lieu samedi, à Val St-Côme. Mais l’an prochain, Marquis aura l’oeil sur le globe de cristal de la discipline, qui semble être promis à Kingsbury pour une quatrième année d’affilée.

«Mon début de saison était souhaité, mais un peu inespéré, a indiqué Marquis. Mis à part Calgary (31e), je suis dans le top-6. J’ai deux podiums déjà et le balayage aux Mondiaux (en bosses en parallèle) a été un fait saillant pour nous.

«Le globe, mathématiquement, c’est possible, mais je ne l’ai jamais vraiment envisagé. Avec mon début de saison extraordinaire — il a remporté l’épreuve initiale de Ruka, en Finlande —, c’est sûr que je voulais viser le plus haut possible, mais avec la constance que démontre Mikaël, c’est presque impossible de le déloger. J’essaie de faire les meilleures descentes que je peux à chaque jour. Je crois que c’est ce qui est le plus important pour moi cette année: récolter des podiums afin de démontrer que je suis capable de rivaliser avec Mik.

«Il me reste une place à gravir pour être le meilleur. Ce sera peut-être l’objectif l’an prochain.»

Si de rejoindre Kingsbury semble bien compliqué, la course pour la deuxième place est extrêmement serrée: seulement 105 points séparent Marquis du 10e skieur au classement. Pouliot-Cavanagh vient au quatrième rang avec 185 points, contre 173 pour Gagnon, trois rangs plus loin.

«Dans le top-10, nous sommes tous très près et ça donnera une bonne fin de saison, a noté Gagnon. Personnellement, j’y vais une course à la fois. C’est la seule façon d’engranger des points.»

«Présentement, j’occupe le meilleur classement de ma carrière, a fait valoir Pouliot-Cavanagh. Pour moi, ce sera de maintenir le rythme et faire d’autres podiums. Les podiums sont très payants, c’est ce qui permet de se détacher, ça donne un élan. Je ne pense pas qu’on puisse rejoindre Mik, même s’il se blessait et qu’il ratait le reste de la saison! Faudra rester constant, faire le plus de top-5 possible.»

Un peu de pression

Même s’ils souhaitent tous vivre cette épreuve comme toutes les autres sur le circuit de la Coupe du monde, les bosseurs québécois éprouvent un peu plus de nervosité quand le plateau se déplace à Val St-Côme, particulièrement Gagnon.

«Ça va être important pour moi, qui vient de Val St-Côme: il y aura beaucoup de parents et amis. En même temps, je veux avoir la même approche que dans les autres compétitions et ne pas penser à ça, mais c’est certain que c’est ‘le fun’ de compétitionner à la maison. J’espère particulièrement bien faire lors de cette compétition, un troisième podium d’affilée serait super.»

«J’essaie de prendre ça comme les autres compétitions, mais me connaissant, comme c’est en sol québécois, je me mets toujours un peu plus de pression, a pour sa part fait valoir Marquis. Ceci dit, ce sera plus facile d’être d’attaque cette année car l’an dernier, j’avais tellement de pression. C’est probablement l’événement le stressant de ma carrière (alors qu’il skiait pour se tailler une place en vue des JO de Sotchi). Cette année, je vais sûrement être un peu plus léger sur mes skis.»

Comme dans d’autres sports, l’équipe canadienne croit qu’il y a un avantage du terrain en ski acrobatique.

«Oui, il y a un avantage du terrain. St-Côme, c’est l’une des montagnes que j’ai le plus skié dans ma vie: avec l’équipe du Québec, on s’y entraînait, a expliqué Pouliot-Cavanagh. Au Québec, on a aussi moins de neige que dans l’Ouest canadien, le Colorado ou même en Europe, alors on est habitué à skier sur des conditions fermes et plus glacées. C’est à notre avantage. Ce ne sont pas les pistes les plus intéressantes à skier, mais c’est là qu’on se démarque le plus.»

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