SAINT-JÉRÔME, Qc – Canada Alpin dit avoir été en contact avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dès 1998 concernant les allégations d’agression sexuelle visant Bertrand Charest, qui y était entraîneur depuis deux ans.

L’organisation nationale de sport amateur a tenu à confirmer vendredi, par voie de communiqué, certains éléments liés à l’affaire. Canada Alpin précise ainsi avoir été avisée «par une source», en février 1998, que Charest avait «possiblement eu un contact inapproprié avec une membre de l’équipe». Une enquête interne a alors été «immédiatement» ouverte, indique Canada Alpin.

À la suite de l’enquête initiale, Bertrand Charest a «rapidement été avisé qu’il était suspendu de ses fonctions d’entraîneur et informé qu’il ne devait plus avoir de contact avec les athlètes pendant l’enquête». Charest a démissionné «quelques jours plus tard», alors que cette enquête était toujours en cours, et des «services professionnels» ont été offerts aux athlètes concernées.

Canada Alpin affirme également avoir été en contact avec la GRC en 1998 et avoir pleinement collaboré avec la police fédérale. L’organisation affirme cependant ne pas avoir été mise au courant des résultats de l’enquête policière qui a suivi.

Interrogé vendredi sur les suites que la GRC avait données en 1998 à ces allégations, le sergent Harold Pfleiderer a simplement indiqué que la police fédérale ne confirme pas la nature d’une enquête et l’identité d’un suspect si aucune accusation criminelle n’est ensuite portée.

Neuf présumées victimes — des athlètes âgées de 12 à 19 ans au moment des incidents allégués — ont jusqu’ici affirmé avoir subi des agressions sexuelles de la part de l’ex-entraîneur. La neuvième présumée victime a communiqué avec la police jeudi matin pour déposer une plainte d’agression sexuelle.

47 chefs d’accusation

Bertrand Charest, âgé de 50 ans, a comparu mercredi, au palais de justice de Saint-Jérôme, pour répondre à 47 chefs d’accusation, dont ceux d’agression sexuelle et d’abus de confiance.

Charest était entraîneur de ski alpin au sein de Ski Québec, de l’équipe laurentienne et de l’équipe canadienne junior. Il aurait profité de sa situation d’autorité pour exercer un contrôle sur les adolescentes et les agresser sexuellement. Les événements seraient survenus à Mont-Tremblant et à l’étranger, notamment en France, en Autriche, en Nouvelle-Zélande et aux États-Unis, selon la police de Mont-Tremblant.

Alpin Canada précise aussi que «plus de 15 années se sont écoulées depuis que M. Charest a été à l’emploi de Canada Alpin (…) et tous les membres de la direction et du conseil d’administration de l’organisation ont changé depuis».

Une réceptionniste à Alpin Canada a indiqué vendredi que l’organisation ne dispose plus de la liste des membres de la direction et du conseil d’administration de 1998. Selon cette dame qui a pris les appels logés au président actuel, Mark Rubinstein, l’organisation n’est tenue de conserver que les documents des 10 dernières années, et «à sa connaissance», cette liste n’existe plus.

Charest devait comparaître à nouveau vendredi pour demander sa libération sous caution mais l’audience a été reportée à lundi. Aucune nouvelle accusation n’a été portée contre lui vendredi.

Selon le porte-parole du Service de police de la Ville de Mont-Tremblant, Éric Cadotte, Charest pourrait avoir fait d’autres victimes, «mais tout porte à croire que la majorité d’entre elles» se sont d’ores et déjà manifestées.

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