collaboration spéciale Florent Bouguin

Florent Bouguin est un ultra-athlète. Il peut parcourir à la course plus de 100km sur des terrains accidentés, autant en compétition qu’à l’entraînement. Le Québécois s’est entretenu avec Métro pour parler de ce sport réservé aux super-héros de la course en sentier.

Comment décririez-vous votre discipline, la course en sentier (ultra-marathon, ultratrail), à des néophytes?
Ces courses ont plusieurs paramètres. D’abord, il y a la distance. On parle de 50km, de 60km et même de 160km.

Ensuite, il faut penser au dénivelé. Par exemple, cette année, j’ai fait une course aux îles Canaries qui avait un dénivelé positif plus important que le mont Everest. Je n’ai pas grimpé l’Everest, mais la somme de toutes les montées pendant cette course équivalait à 8700m de dénivelé positif.

Enfin, il y a le côté technique des sentiers. Quand vous courez sur des sentiers de genre chemin de VTT, ça va aller assez vite. Cependant, si vous courez dans des sentiers avec plein de roches instables, ça sera plus lent.

Toutes les courses sont différentes, et chacune a ses difficultés. Ce n’est jamais facile de passer au travers de toutes ces choses, mais c’est ce qui fait la beauté de cette discipline.

Quand avez-vous commencé à faire de l’ultratrail, et qu’est-ce qui vous a attiré dans cette discipline?
J’ai commencé en 2012 avec le Québec Mega Trail. D’abord j’ai fait un 10 km, ensuite un demi-marathon, un marathon, mon premier 100km et ainsi de suite.

Mais j’ai eu envie de me lancer il y a presque quatre ans. Je suis originaire de l’île de La Réunion, où il y a une grande course d’ultratrail de 165km [La Diagonale des Fous, dont le départ sera donné le 22 octobre cette année]. J’étais chez moi avec ma famille et j’ai vécu l’ambiance de cette course.

J’ai trouvé ça tellement magique. J’y retourne cette année, pour mes 40 ans, et le but sera d’arriver au bout.

Même si ça fait peu de temps que vous êtes actif sur le circuit, vous avez déjà obtenu du succès dans les épreuves d’ultratrail, notamment des victoires à l’Ultra-Trail Harricana du Canada et l’Ultra-Trail de Bromont.
Cela a été ma grande surprise. J’étais confiant de terminer les courses mais, par contre, jamais je n’aurais imaginé me battre pour le podium. Dès la première course, c’est ce qui s’est passé. Je pense que je suis fait pour cela, et je me découvre là-dedans.

Qu’est-ce qui vous pousse à disputer ces courses?
Ma motivation est de franchir ces lignes d’arrivée. Ce qu’on appelle en anglais être un finisher. Terminer un ultra-marathon, c’est un exploit.

Ma grande fierté est d’arriver au bout, surtout quand ça n’a pas bien été. Tu apprends sur toi dans ces circonstances. Et après la course, tu te sens fier. Tu peux te tourner vers les gens que tu aimes et leur dire merci.

Quelles sont les courses les plus difficiles (ou folles) auxquelles vous avez pris part?
Elles le sont toutes un peu. Celle des îles Canaries au mois de mars [la Transgrancanaria] a été particulièrement ardue. Je me suis perdu, et je passais du Québec, où on a eu un hiver assez froid, aux Canaries, avec des températures de 35°C.

Je me souviendrai aussi toujours de mon premier 125km dans les Rocheuses canadiennes, durant la Canadian Death Race, où j’ai perdu connaissance pendant quelques secondes à un point de ravitaillement, au 105ekm, devant ma conjointe et mes enfants.

Comment se prépare-t-on à affronter une telle épreuve?
Il y plusieurs aspects à couvrir. Le mental (visualiser la course), la nutrition, le repos, l’équipement et, bien sûr l’état de forme.

Je me renseigne et je fais mes propres plans. Je les essaie pendant quatre mois et, habituellement, cette phase est sanctionnée par une compétition. Je vois ce qui a bien et moins bien été et j’améliore mon programme.

Est-ce que les blessures sont fréquentes?
Ça arrive malheureusement. Ça peut être des blessures traumatiques, comme des fractures ou des entorses. Tu peux être super en forme, mais tu es fatigué, peut-être qu’il fait noir (il y a généralement une portion de course de nuit), tu as un moment d’inattention et bing, l’entorse arrive.

Il y a aussi les blessures musculaires, comme des tendinites et des claquages. Le plus dur est la phase d’entraînement. Pour pouvoir arriver à disputer ce genre de course, il faut avoir mis beaucoup de stress sur son corps, beaucoup de kilométrage, beaucoup de dénivelé, et en faisant cela, on accumule de la fatigue. C’est là que le risque de blessure augmente.

Et il y a toutes les blessures dues à l’environnement. Les coureurs sont confrontés à l’hypothermie et à la déshydratation. L’alimentation est primordiale. Parfois on mange mal et on va tomber en état de choc, en hypoglycémie.

On monte au sommet des montagnes, où il fait 0°C degrés, et on redescend en bas, dans les vallées, où il fera 35°C. Il y a des chocs thermiques énormes.

En action ce week-end
Florent Bouguin sera en action ce week-end.

  • Il prendra part au North Face Endurance Challenge, à la station de ski Blue Mountain, en Ontario. M. Bouguin participera à l’épreuve la plus ardue de la compétition (le 80km), mais des courses plus accessibles, comme des 5 km et des 10 km, seront aussi disputées.
  • «Ce genre d’événement vulgarise et promeut le trail dans la communauté, a dit l’athlète. Il y a beaucoup de participants. C’est la fête de la course en sentier.»

Aussi dans Sports :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!