Archives Métro Jacques Demers.

OTTAWA – Déçu d’avoir été mis à l’écart lors de la dernière campagne électorale et affecté par les railleries qu’il entend depuis le scandale des dépenses, le sénateur Jacques Demers démissionne du caucus conservateur.

L’ex-entraîneur de hockey âgé de 71 ans siégera désormais comme indépendant au Sénat.

En point de presse jeudi, M. Demers a confié avoir souffert de voir la réputation de la chambre haute en prendre pour son rhume, dans la foulée du scandale des dépenses. Des blagues entendues tantôt sur le terrain de golf tantôt au restaurant lui sont restées sur le coeur.

«Je me suis dit que je ne me suis pas embarqué dans ça pour être vu comme quelqu’un qui n’est pas respecté», a-t-il soutenu.

Les abus de certains de ses collègues avaient commencé à le tracasser il y a plus de deux ans. Quand les dépenses de Mike Duffy, Pamela Wallin et Patrick Brazeau avaient été dévoilées au grand jour, M. Demers avait confié «être en réflexion» quant à son avenir politique. Il avait finalement choisi de demeurer en poste, par loyauté envers Stephen Harper, qui l’avait nommé.

Cette fois, la goutte qui a fait déborder le vase, c’est qu’on l’ait tenu à l’écart de la campagne électorale conservatrice cet été. Il avait pourtant mis la main à la pâte pour donner un coup de pouce à des candidats conservateurs en 2011.

«Là, soudainement, on n’a plus besoin de moi? Ça, ça m’a affecté. Parce qu’on vient de me dire: « tu fais partie de l’équipe pour la première élection, mais là, durant la deuxième élection, tu ne fais plus partie de l’équipe »», s’est-il désolé.

En raison de la mauvaise presse du Sénat, les organisateurs conservateurs n’ont pas confié de grand rôle aux sénateurs du Québec.

«On me dit, soudainement: « on ne veut plus te voir la face là parce qu’on n’a plus besoin de toi ». Bien, ok», a illustré le sénateur.

Le sénateur conservateur Jean-Guy Dagenais confirme que les sénateurs n’avaient pas été invités au lancement de la campagne dans la circonscription de Mont-Royal. Cela l’a déçu, mais pas offusqué outre mesure.

«On nous avait demandé d’être plus discrets. Ceci étant dit, ça ne m’a pas du tout empêché d’aller appuyer des candidats de la région de Montréal», a insisté M. Dagenais.

M. Dagenais, tout comme un autre de ses collègues, Claude Carignan, respecte toutefois la décision de M. Demers de siéger à titre d’indépendant.

«Je suis très content qu’il va continuer à demeurer au Sénat (…). Il semblait avoir plus de difficulté à travailler à l’intérieur d’un parti», a dit M. Dagenais.

M. Demers a été entraîneur dans la Ligue nationale de hockey (LNH) et a notamment remporté la Coupe Stanley avec le Canadien de Montréal en 1993. Il a poursuivi sa carrière comme commentateur sportif, avant d’être nommé au Sénat par l’ancien premier ministre conservateur Stephen Harper en 2009.

Sa nomination en avait surpris plus d’un, dont le principal intéressé, de son propre aveu. Il avait révélé quelques années plus tôt son analphabétisme fonctionnel qu’il avait caché tout au long de sa carrière d’entraîneur.

M. Demers estime que sa position d’indépendant lui permettra de faire davantage avancer les dossiers qui lui tiennent à coeur, notamment l’aide à l’alphabétisation.

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