MONTRÉAL – Cette fois-ci, les rôles étaient inversés.

Après la conquête de l’or par Marianne St-Gelais au 1500m aux Championnats du monde de patinage de vitesse courte piste de Séoul, Charles Hamelin a pris ses jambes à son cou et a sauté contre la rampe avant de crier de toutes ses forces pour saluer l’exploit de l’élue de son coeur.

La scène rappelait à quelques détails près celle désormais célèbre des Jeux de Vancouver, après que Hamelin eut remporté l’or au 500m alors que St-Gelais dévalait à toute allure les gradins pour aller le rejoindre.

«C’était la première médaille d’or de Marianne aux Mondiaux; c’est quelque chose de vraiment spécial, a rappelé le patineur âgé de 31 ans. J’étais en train de m’échauffer pour ma course et je regardais la sienne du coin de l’oeil, avant de m’approcher sur le bord de la patinoire pour voir la fin. Quand j’ai vu Marianne effectuer son dépassement pour prendre la tête dans les derniers tours, je n’ai pas pu m’empêcher de sauter et de crier avec toute l’énergie que j’avais. J’étais vraiment, vraiment fier d’elle.»

St-Gelais a finalement obtenu le titre qu’elle convoitait tant, et elle savoure chaque instant depuis sa victoire. En dépit de l’hystérie qui régnait dans le couple à ce moment-là, elle a confié avoir tenté de rappeler à Hamelin qu’il avait une course à disputer.

«Charles est plus discret, et c’était délicat parce qu’il devait rester concentré, a-t-elle dit. Quand je l’ai vu (après la course), je n’ai pas pu m’empêcher de le serrer dans mes bras. J’avais les larmes aux yeux, mais en même temps je lui demandais de rester concentré. Je ne voulais pas que ma victoire l’affecte, parce qu’entre sa finale et la mienne il y avait environ cinq minutes. Le temps n’était pas assez long pour qu’on puisse savourer le moment. C’était donc de vives émotions à vivre très rapidement, parce qu’il fallait se concentrer sur les autres épreuves du week-end.»

Quarante-huit heures après son triomphe et fraîchement débarquée de l’avion qui la ramenait avec l’équipe canadienne de Vancouver à Montréal lundi soir, St-Gelais a confié qu’elle flottait encore sur un nuage.

«Je suis consciente de ce qui s’est passé ce week-end, mais je ne le réaliserai pas pleinement tant que je ne retrouverai pas ma famille et mes proches — leur parler de ça, leur montrer la médaille —, a évoqué St-Gelais, fébrile. C’est là que ça va vraiment se concrétiser.

«Cette victoire est d’autant plus importante que le 1500m est ma bête noire; c’est la distance que j’aime la moins courir, a-t-elle poursuivi. C’est ce qui rend cette expérience encore plus difficile à réaliser. Si j’avais gagné au 500m ou au 1000m, je n’aurais pas été étonnée parce que je suis à l’aise. Mais j’ai toujours eu un doute sur 1500m. Donc c’est une belle réussite.»

À ses cinq participations précédentes aux Championnats du monde, la patineuse de 26 ans n’était jamais parvenue à grimper sur la plus haute marche du podium. Elle avait cependant déclaré à La Presse Canadienne le mois dernier qu’elle avait l’impression que cette fois-ci, les astres étaient alignés.

Hamelin a complété le casse-tête

À l’instar de St-Gelais, Hamelin a également connu une première aux Mondiaux de Séoul.

Il a été sacré champion du monde au 1000m, une distance sur laquelle il n’avait jamais gagné aux Mondiaux auparavant.

«Ce titre-là est vraiment particulier parce qu’il a été acquis sur 1000m, la distance que j’aime le plus en courte piste, a-t-il expliqué. Il est d’autant plus important que c’est une distance sur laquelle j’ai vécu beaucoup de ‘bad lucks’ dans les dernières années — dont l’an passé, dans le dernier virage. Cette année, je me suis repris de belle façon.»

Avant son triomphe à Séoul, ses neuf titres mondiaux précédents avaient été acquis au 500m (2007, 2009), 1500m (2014) au 3000m (2006) et au relais (2005, 2006, 2011, 2012, 2013).

«Je peux maintenant dire que j’ai été champion du monde au 1000m, au 500m et au 1500m. Le casse-tête est complété», a-t-il conclu.

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