MONTRÉAL – Le dossier du retour du Baseball majeur à Montréal est toujours sur les rails, mais il est trop tôt pour faire quelque annonce que ce soit, ont indiqué mercredi les principaux artisans dans ce dossier.

Autant le maire de Montréal, Denis Coderre, que Richard Epstein, associé chez BCF avocats d’affaires, qui s’affairent en coulisses à recruter des investisseurs et à bâtir le montage financier nécessaire au retour des Expos, ont souligné l’importance de ne pas brûler les étapes, même si les journalistes présents à la conférence de presse pour présenter les activités en marge des matchs préparatoires des Blue Jays de Toronto, les 1er et 2 avril, souhaitaient en savoir davantage.

«Ce n’est pas parce que je ne vous dis pas tout que le monde ne se parle pas, a indiqué M. Coderre. Ne me demandez pas de vous donner le statut de nos négociations. Vous le savez, nous nous sommes rencontrés, on s’est parlés et il y a un travail qui se fait en ce sens-là. Il y a des étapes à franchir.

«Il y a un travail sérieux qui se fait. Mais il faut tenir compte de toutes les réalités, celles des infrastructures, des investisseurs, des plans mêmes du Baseball majeur: ce n’est pas à moi de leur dire comment faire.»

D’ailleurs, le commissaire, Rob Manfred, a déclaré qu’une éventuelle expansion — il souhaite faire passer les rangs des grandes ligues à 32 équipes — n’aurait pas lieu avant le renouvellement de la convention collective, qui vient à échéance en décembre prochain.

«Alors ça ne sert à rien de parler de financement d’un stade aujourd’hui, a ajouté M. Coderre. Mais il a essentiellement repris ce qu’il avait dit l’an dernier, à savoir que ça prend un nouveau stade et des investisseurs sérieux. (…) Il faut faire un travail sérieux. Tu ne fais pas les nouvelles à tous les jours avec ça, je ne négocierai pas en public.»

Le maire et M. Epstein ne sont pas inquiets quant à l’éventuelle participation des deux paliers gouvernementaux, même s’ils ont pour l’instant fermé la porte à tout financement du sport professionnel.

«C’est sûr qu’on a besoin d’un partenariat, mais moi, je n’ai rien demandé à Ottawa, a souligné le maire. Il ne faut plus regarder cela (les façons de financer un stade) comme dans le passé. Il y a des façons de travailler ensemble.»

M. Coderre ne craindra pas de discuter du financement du stade sur la place publique le moment venu.

«Des ressources, ça ne veut pas exclusivement dire de l’argent. (…) Mais on n’est pas prêts à avoir ce débat-là, car le fruit n’est pas mûr. Nous ne sommes pas rendus là dans notre rapport d’étapes. Mais ça fait 30 ans que je fais de la politique: je connais assez l’opinion publique pour savoir quand elle va être prête pour qu’on puisse amorcer cette discussion.»

Dans une entrevue accordée à La Presse Canadienne en mars 2015, M. Manfred soulignait qu’il faudra un «plan solide» pour le retour du baseball dans la métropole. Dans un entretien accordé au quotidien La Presse un peu plus tôt ce mois-ci, Manfred a ajouté qu’un manque d’appui de la part des gouvernements «ne serait clairement pas un aspect positif».

«Si on pensait que ce ne serait pas réalisable, on ne travaillerait pas sur ce projet, a tenu à rappeler M. Epstein. On voit les possibilités qui, nous croyons, sont très favorables pour les gouvernnements, pour la population, pour les amateurs et pour les investisseurs dans ce projet.»

Et comme du côté des partisans — plus de 106 000 billets ont trouvé preneurs en date de mercredi —, l’engouement est toujours présent chez les gens d’affaires.

«Avec la progression de notre projet, avec chaque brique qu’on place pour bâtir, ça nous donne plus de crédibilité auprès de la communauté des affaires, qui est toujours très favorable, a souligné M. Epstein. C’est plus approprié que les gens intéressés demeurent dans l’ombre: le projet n’est pas suffisamment avancé. Tant que nous ne serons pas prêts à dire que nous aurons une équipe, ces gens ne signifieront pas publiquement leur intention de mettre de l’argent dans le dossier.»

De passage à Cuba mardi pour le match préparatoire entre les Rays de Tampa Bay et l’équipe nationale cubaine, le commissaire a de nouveau souligné qu’il souhaiterait «établir une deuxième équipe au Canada», sans toutefois préciser Montréal, dont il a maintes fois parlé depuis son arrivée en poste, en janvier 2015.

«Ça nous encourage, a admis M.Epstein. Quand vous entendez de partout des commentaires positifs, c’est clair que ça nous aide. S’il disait que c’est impossible qu’on ait une équipe, ce serait dévastateur.»

Le maire Coderre croit que la prochaine étape pour Montréal est d’accueillir des matchs de la saison régulière, ce qu’il croit possible dès 2017. Les plans du Baseball majeur à cet égard n’ont pas encore été dévoilés.

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