TORONTO – Shawn Thornton avait l’habitude de regarder la formation des prochains rivaux de son club, pour voir qui il pourrait devoir affronter, mais ce n’est plus nécessaire dans la LNH d’aujourd’hui. Et le dur à cuire de 38 ans n’a pas de problème avec ça.

«Je trouve ça bien correct de mieux dormir la nuit», a dit le vétéran des Panthers de la Floride.

Le nombre de combats a chuté de près de la moitié depuis cinq ans, selon HockeyFights.com.

La ligue se dirige vers plus ou moins 300 affrontements de moins qu’en 2010-11, une baisse de 47 pour cent. On prévoit 345 combats au terme de la saison en cours comparés à 347 en 2013, lors d’une campagne écourtée à 48 matches, en raison du lock-out.

Dans les courriels internes de la LNH rendus publics la semaine dernière, il apparaît clair que la question des batailles s’est imposée davantage, alors que les commotions cérébrales ont fait de plus en plus la manchette.

En parallèle, la fréquence où on laisse tomber les gants a baissé naturellement, le hockey étant axé plus que jamais sur la vitesse et les habiletés des patineurs.

Les Maple Leafs ont mené la LNH pour les batailles aussi récemment qu’en 2013-14, mais ils ont pris une toute autre direction avec Brendan Shanahan en tant que président, s’orientant plutôt vers la vitesse et le talent.

Jadis v.-p. senior des opérations hockey et de la sécurité des joueurs, aux bureaux de la ligue, Shanahan a plaidé pour la fin des bagarres à l’automne 2011, lit-on dans les courriels internes. Plus tôt cette année-là, Wade Belak, Derek Boogaard et Rick Rypien, tous d’anciens hommes forts, sont décédés à quelques mois d’intervalle.

Il estimait qu’interdire les combats était la bonne chose à faire mais la LNH s’est limitée à des changements mineurs, comme des sanctions pour s’être battu sans casque, ou avec une visière.

Le jeu devenant plus rapide, le nombre de durs à cuire a quand même diminué. De nos jours, on peut trouver une certaine mesure de talent sur les quatrièmes trios – plus qu’avant, à tout le moins.

«Il y a des gars qui vont se tailler une place grâce à la robustesse, et parfois ils vont se battre, a dit Jonathan Huberdeau, des Panthers. Mais je pense qu’il n’y a plus de batailleurs qui ne savent pas jouer au hockey.»

Thornton ne croit toutefois pas que les bagarres n’ont pas leur place. Lui qui s’est battu des centaines de fois, il estime avoir subi une seule commotion due à cela, peut-être deux. Il croit que la fréquence plus élevée des commotions cérébrales vient surtout du jeu plus rapide, ce qui amène des contacts plus violents.

«C’est rare qu’une bataille va causer une commotion, a dit Thornton. Ça me frustre que les bagarres soient toujours mentionnées en premier, quand on parle de commotions cérébrales.»

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