Getty Images Artur Beterbiev

MONTRÉAL – Lors de la pesée officielle vendredi midi, Ezequiel Maderna n’a pas fait le poids, mais il a bénéficié d’une deuxième opportunité de respecter la limite de 175 livres. Quelque 36 heures plus tard, il a une fois de plus été incapable de faire le poids, cette fois contre Artur Beterbiev, qui ne lui a cependant donné aucune autre chance.

Pour la dixième fois en autant de sorties chez les professionnels, Beterbiev a remporté un combat avant la limite, défaisant Maderna par mise hors de combat technique à la 56e seconde du quatrième assaut d’un duel prévu pour 12 rounds, devant 2330 spectateurs samedi soir au Centre Bell.

Ce faisant, le mi-lourd originaire de la Russie a conservé ses ceintures de champion de la WBO Internationale et de la NABA.

Beterbiev, qui remontait dans le ring après presque 12 mois d’inactivité, est devenu le premier boxeur à vaincre Maderna (23-3-0, 15 K.O.) avant la limite. En fait, l’Argentin de 29 ans n’avait été victime que d’une seule chute au tapis depuis le début de sa carrière.

Mais cette fois-ci, Maderna n’a rien pu faire contre la puissance et la précision des coups de Beterbiev, visitant le plancher pas moins de quatre fois.

Un membre du clan de l’Argentin a d’ailleurs déclaré au président de GYM, Yvon Michel, que Maderna était un boxeur de qualité mais que samedi, il avait affronté un animal!

«Dix victoires, dix combats, dix mises hors de combat. Artur Beterbiev est parfait, a lancé Michel en conférence de presse.

«On est extrêmement content. Il faut donner du crédit à son adversaire, il a pris des coups solides — il a tout essayé: boxer, retenir, se battre. Mais il n’était tout simplement pas de calibre», a ajouté le président-directeur général de GYM.

Toujours aussi économe avec les mots, Beterbiev s’est dit très satisfait de sa performance et ajouté qu’il n’avait fait que son travail.

Trouver ses repères

Après un premier round sans histoire, le joyau du Groupe Yvon Michel a commencé à pourchasser son rival au deuxième assaut, le cernant régulièrement le long des câbles, où il a pu servir plusieurs bonnes combinaisons à l’Argentin, qui était incapable de générer quoi que ce soit en guise de riposte.

«Ce soir (samedi), on a senti au premier round qu’Artur cherchait un peu ses repères, mais après un an, on peut lui excuser ça, a déclaré son entraîneur, Marc Ramsay. C’est la seule petite chose qu’on peut relever. Immédiatement après avoir trouvé ses repères, il a commencé son travail de démolition habituel.»

Les premiers coups de massue de Beterbiev sont survenus avec une trentaine de secondes à faire au troisième round quand trois droites consécutives ont envoyé Maderna au tapis pour une première fois.

L’Argentin a tenté de gagner un peu de temps en crachant son protecteur buccal, un stratagème qu’il a répété lorsqu’il est retourné au tapis avant la fin du round.

L’arbitre Marlon B. Wright lui a d’ailleurs retiré un point pour ce geste.

Alors que les spectateurs ont hué Maderna, Michel et Ramsay l’ont presque excusé.

«Il s’est fait frapper solidement…», a déclaré Michel.

«S’il n’agit pas de la sorte, a enchaîné Ramsay, le combat finit encore plus rapidement. Même si c’est à la limite de légalité, ça démontre une certaine preuve d’intelligence. S’il avait voulu aller au front, ça se serait terminé plus tôt encore.»

Beterbiev a achevé Maderna en l’expédiant deux autres fois au tapis dès la première minute du quatrième round. À la deuxième chute, Maderna est resté assis sur le plancher et il a invité ses hommes de coin à lancer la serviette.

En milieu de semaine, Ramsay avait fait l’éloge de Maderna, disant de lui qu’il était probablement le deuxième meilleur adversaire de la jeune carrière de Beterbiev, après Tavoris Cloud. Or, malgré cette victoire expéditive, Ramsay n’était pas vraiment surpris.

«Je le vois travailler tous les jours dans le gymnase et je sais ce dont il est capable. Peut-être que ça n’a pas paru ce soir, mais on avait un adversaire qui était bon techniquement, qui était brillant. C’est sûr qu’Artur l’a fait moins bien paraître en lui faisant subir ce genre de revers. On est allé avec quelqu’un qui avait des habiletés, qui était allé aux Jeux olympiques, qui possède un bon dossier chez les professionnels, qui n’avait jamais été passé k.o. Alors, on peut voir quel genre d’individu spécial est Artur Beterbiev.»

On ne sait trop quel sera le prochain défi que devra relever Beterbiev. Les plans du Groupe Yvon Michel étaient de lui permettre de livrer deux combats avant la fin de l’année, un en septembre et un autre en décembre.

Mais Beterbiev pourrait forcer une révision de ces plans s’il parvient à concrétiser son désir de participer aux Jeux olympiques de Rio. Beterbiev et Yvon Michel doivent discuter de cette question au cours des prochains jours, et une décision pourrait venir dès la semaine prochaine.

«On va y aller de façon progressive, a résumé Ramsay. De toute façon, c’est comme ça qu’on prépare un boxeur pour des combats majeurs, en trouvant les meilleurs adversaires possibles. À court ou moyen terme, on vise un combat de championnat du monde. Ça n’a pas changé.»

«Je peux vous confirmer que son conseiller et PBC vont débloquer les ressources nécessaires pour trouver les adversaires qu’il faut pour Artur Beterbiev», a renchéri Yvon Michel, en guise de conclusion.

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