MONTRÉAL – Un périple à Moscou ou à Pékin, même planifié, peut réserver sa part de moments inattendus. Imaginez maintenant un séjour dans ces deux grandes capitales de l’Orient, sans même connaître l’itinéraire précis d’une journée à l’autre. C’est pourtant ce que s’apprêtent à vivre deux Québécois.

À bord de leur Toyota Pickup Overdrive, David Bensadoun et Patrick Beaulé formeront l’un des 99 tandems — et le seul issu du Canada — à participer à la sixième édition du rallye-raid Silk Way, une aventure de presque 10 800 kilomètres qui n’aura rien d’une balade, du 8 au 24 juillet.

À partir de la place Rouge à Moscou, les participants emprunteront des terrains peu hospitaliers, parfois de terre, parfois de gravelle, parfois de cailloux, parfois de sable, jusqu’à la capitale de la Chine, en passant par le Kazakhstan et même le redoutable désert de Gobi. Le tout, avec une seule journée de repos, le 15 juillet. Auparavant en boucle, ce sera la première fois cette année que le rallye se rendra au pays de Mao.

Membres de l’équipe Aldo Racing Team, qui compte trois mécaniciens et un coordonnateur, Bensadoun, le pilote, et Beaulé, co-pilote et directeur technique, ne se lancent évidemment pas pour la première fois dans une aventure aussi périlleuse.

Ensemble, ils ont vécu trois fois le rallye Dakar, en 2012, 2014 et 2015. Ils ont d’ailleurs été les premiers canadiens de l’histoire à compléter Dakar en voiture, en 2012. En 2015, ils se sont classés au 32e rang dans la catégorie des équipes privées. Et Beaulé, un Longueuillois de 40 ans, a également complété le fameux événement à moto, en 2013.

«Ça faisait quatre fois que l’on participait au rallye Dakar, et nous voulions essayer autre chose, a expliqué Beaulé dans une entrevue à La Presse canadienne, à quelques jours de son départ.

«On ne trouvait pas de rallye d’une aussi grande envergure. Une aventure, ça prend un peu d’incertitude, il faut que ce soit le fun. C’est ce que j’aime du rallye Silk Way.»

S’ils aiment l’incertitude, Bensadoun et Beaulé, qui se connaissent et se côtoient depuis 2006, seront choyés. De leur itinéraire, ils ne savent que les distances qu’ils devront négocier chaque jour, et les endroits où ils s’arrêteront et logeront.

«Certaines journées, nous allons rouler presque 1000 km et d’autres, 300 km. Il ne faut pas sous-estimer les journées de 300 km car parfois, elles sont plus difficiles que les autres. Toutefois, nous ne connaissons pas le parcours. Nous allons dans l’inconnu, mentionne Beaulé.

«Lorsque nous terminons une journée, on nous donne le chemin pour le lendemain. Mais il ne s’agit pas d’une carte, ce sont des indications de rouler 2,7 km à 322 degrés, puis de parcourir 5,4 km à 27 degrés. On s’oriente avec une boussole électronique, et nous n’avons pas le droit au GPS», explique-t-il ensuite.

À titre de co-pilote, il reviendra à Beaulé de guider son complice vers les bonnes destinations. Et ne serait-ce que pour livrer les bonnes informations et conduire le bolide, les deux coéquipiers doivent afficher la meilleure condition physique possible.

«Il faut être en forme car on se fait brasser, beaucoup. Mais c’est moins pire pour le co-pilote. Quand vous avez faim ou que vous êtes fatigué, votre niveau de concentration baisse. Et dans mon cas, c’est ce qui est important. Il faut que ma concentration reste toujours à son meilleur afin d’être très précis dans mes indications au pilote, fait remarquer Beaulé.

«Je dois lui donner entre 2000 à 2500 informations par jour. Et je dois m’assurer que le pilote soit toujours attentif à ce que je dis. Donc, si je suis fatigué, ça ne fonctionne pas. Et la meilleure façon pour éviter que ça se produise, c’est d’être en forme et d’avoir un bon système cardiovasculaire.»

Bensadoun, un Montréalais marié et père de trois enfants, et Beaulé, fiancé et papa d’une fille de 11 ans, sont passionnés par de tels défis.

«Nous aimons le défi et être capable de dire, après coup, que nous sommes passés au travers, explique Beaulé, qui souhaite se classer dans le top-3 des tandems amateurs.

«Et dans mon cas à moi, ça bâtit la confiance. David et moi avons confiance en nous. Cette confiance, nous l’avons bâtie en traversant des événements, en allant à des aventures, des courses, des rallyes d’envergure un peu plus petite, d’abord. Et nous avons toujours monté de niveau.»

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