Le projet olympique de Montréal, qui a mené aux Jeux d’été de 1976, a lancé une grande réflexion en matière de sport chez nous. De ce mouvement sont nés les Jeux du Québec.

Ce n’est pas un hasard si la finale 2016 des Jeux du Québec, 40 ans après que Nadia Comaneci eut conquis les Québécois, se déroule dans la métropole. Le grand rassemblement sportif québécois, qui commence ce dimanche, est conscient de son héritage et tenait à le souligner.

«La candidature olympique a été un des éléments déclencheurs d’une mobilisation en sport, a raconté à Métro Michelle Gendron», coordonnatrice en communication stratégique chez Sports Québec, la société responsable de la gestion des Jeux du Québec. «Nous allions accueillir les JO. Nous devions développer le sport, et pas seulement sur le plan des athlètes. Nous avions besoin d’officiels et d’entraîneurs compétents ainsi que d’une meilleure structure sportive.»

Mme Gendron a été un témoin privilégié des premiers pas des Jeux du Québec. En effet, elle a participé en tant que bénévole aux premières finales régionales, en 1970. La première finale provinciale a eu lieu en 1971, à Laval pour les jeux d’hiver et à Rivière-du-Loup pour les jeux d’été.

«Je demeurais à Joliette et j’avais travaillé à l’événement dans Lanaudière, a-t-elle indiqué. J’ai vu naître les Jeux du Québec.»

«Le programme des Jeux du Québec, à sa naissance, a été porté par le fait que Montréal recevrait les Jeux olympiques.» –Michelle Gendron, coordonnatrice en communication stratégique chez Sports Québec

À l’époque, l’offre sportive au Québec était beaucoup moins diversifiée qu’aujourd’hui. Il y avait beaucoup de travail à faire. «Il faut se rappeler de notre carte sportive à la fin des années 1960. Il n’y avait pas une multitude de sports qui se pratiquaient à la grandeur du Québec. C’était très concentré dans le bassin montréalais et dans les grands centres», a expliqué Mme Gendron.

Le gouvernement a alors mandaté les diverses fédérations de faire le tour des régions et d’offrir des stages de formation, destinés principalement aux moniteurs de parcs et de terrains de jeu, qui pourraient à leur tour enseigner les disciplines aux enfants.

Sans oublier les infrastructures, souvent inexistantes. «Quand les gens de la fédération de soccer sont venus chez nous, ils nous ont dit de faire jouer les jeunes sur des terrains de football américain puisque nous n’avions pas de terrain de soccer», se souvient Mme Gendron.

Les Jeux du Québec ont fait des pas de géants depuis, en plus d’inspirer bon nombre d’athlètes. «Le décorum impressionne beaucoup les jeunes, a dit Mme Gendron. Beaucoup d’entre eux disent que c’étaient leurs premiers grands jeux, ce qui leur a donné le goût d’aller plus loin.»

La «madame» des Jeux du Québec

Michelle Gendron, coordonnatrice en communication stratégique chez Sports Québec, vivra sa 39e finale des Jeux du Québec à partir de la semaine prochaine.

Sports Michelle Gendron Jeux du QuébecDans le milieu, elle est d’ailleurs connue comme «la madame des Jeux du Québec», un sobriquet qui lui a été donné par nul autre que René Lévesque. Tout cela à cause d’une rencontre pendant les finales de 1983, à Sept-Îles.

«J’avais rencontré M. Lévesque pour lui expliquer le programme car il n’était pas un gars de sports, a raconté Mme Gendron. Par la suite, il s’est passé quelque chose à la conférence de presse qui l’a marqué. À l’époque, nous avions des jeunes enfants qui distribuaient les papiers aux journalistes. C’était moi qui les formaient et je leur disait qu’ils étaient importants, qu’ils ne pouvaient pas s’arrêter en chemin.»

«En allant vers la salle de presse, M. Lévesque arrête un jeune et lui demande ce qu’il fait avec sa pile de feuille. Le jeune s’arrête mais me regarde moi et non M. Lévesque et dit “excusez moi monsieur mais je n’ai pas le temps parce que là, je suis ben important”.»

«Une fois devant les journalistes, René Lévesque dit “Vous comprendrez, je ne suis pas un gars de sports. Quelqu’un m’avait préparé un discours, mais oubliez ça. Je viens de comprendre dans le corridor pourquoi les Jeux du Québec doivent durer. Quand un enfant de 10-12 ans est capable de dire je suis important, il faut que ça continue. Et il a raison. Il est plus important que moi”.»

«Deux ans plus tard, un peu avant qu’il ne meurt. Il était au Congrès des municipalités du Québec, et nous, nous avions un kiosque sur place. Il était au micro et parlait à tous les maires du Québec quand je suis passé dans le corridor. Il m’a vu et a lancé au micro “ah ben, la madame des Jeux du Québec dans le corridor”. Il m’a fait entrer dans la salle et a dit aux maires “allez la voir car c’est ben important ce qu’ils font”.»

Montréal 1976 à l’honneur
La 51e finale des Jeux du Québec honorera à sa façon le 40e anniversaire des Jeux olympiques de Montréal.

D’abord en ouvrant l’événement le 17 juillet, la même date où la flamme a été allumée dans le Stade olympique en 1976.

À mi-parcours de la compétition, le 21 juillet, un spectacle commémoratif des JO, mettant en vedette Marie-Mai, Ariane Moffatt et Walk off the Earth, sera présenté au stade.

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