Paul Chiasson Paul Chiasson / La Presse Canadienne

MONTRÉAL — L’ex-maire par intérim de Montréal Michael Applebaum a été libéré mardi, après avoir purgé le sixième de sa peine d’un an de prison pour corruption.

À l’issue d’une audience, mardi, la Commission québécoise des libérations conditionnelles a fixé plusieurs conditions à la libération de l’ex-maire Applebaum, qui avait remplacé le démissionnaire Gérald Tremblay en novembre 2012. Il devra notamment rechercher activement ou occuper un emploi rémunéré, exercer une activité bénévole dans la communauté pendant au moins 20 heures par semaine, et se présenter au poste de police toutes les deux semaines.

M. Applebaum, âgé de 54 ans, a été condamné à un an de prison et deux ans de probation, à la fin de mars, après avoir été reconnu coupable de huit chefs d’accusation, dont fraude contre le gouvernement, complot pour fraude, abus de confiance et complot pour abus de confiance. Le tribunal a conclu qu’il avait empoché environ 37 000 $ en pots-de-vin liés à deux projets de développement immobilier à l’époque où il était maire de l’arrondissement Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce.

La Couronne a fait entendre au procès les témoignages de promoteurs immobiliers qui avaient versé les pots-de-vin, mais aussi d’un ancien adjoint du maire d’arrondissement. Hugo Tremblay a soutenu que c’est lui qui avait touché les pots-de-vin, au nom de son patron.

M. Applebaum, qui a toujours clamé son innocence, n’a pas témoigné à son procès ni même à l’audience de détermination de la peine. Au prononcé de la peine, il a promis à la juge de respecter sa décision et de se comporter en détenu modèle.

Peu de risque de récidive

Devant la Commission des libérations conditionnelles, M. Applebaum a soutenu qu’il avait «accepté des dons en argent lors de campagnes de collecte de fonds», mais qu’il n’avait pas «profité de cet argent personnellement».

«Par ailleurs, vous êtes en mesure de reconnaître que c’était illégal, peu importe le bénéficiaire», lit-on dans la décision écrite de la commission.

L’agent de probation de M. Applebaum soutient que l’inculpé oscille entre l’amertume face à Hugo Tremblay, le repentir «d’avoir brisé le serment de maire», et la honte face à la population et sa famille.

M. Applebaum a indiqué à la commission qu’il souhaitait regagner son foyer et se trouver un emploi. Il admet que la notoriété de sa cause criminelle a grandement nui à ses revenus au cours des dernières années — et il doit beaucoup d’argent à ses avocats, lit-on dans la décision.

La commission signale que M. Applebaum a participé en détention à des réunions des Alcooliques anonymes, même s’il n’a pas de problèmes d’alcool, qu’il consulte un psychiatre et qu’il fréquente assidument la synagogue. La commission croit aussi qu’il présente un faible risque de récidive, et qu’il exprime des remords.

M. Applebaum, en politique municipale pendant près de 20 ans, avait été maire par intérim de Montréal de novembre 2012 jusqu’à son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) en juin 2013. La Ville a annoncé en mai dernier qu’elle comptait aller devant les tribunaux pour récupérer l’indemnité de départ que le maire a touchée lorsqu’il a démissionné.

Aussi dans Uncategorized :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!