MONTRÉAL — En cette période de déménagements, l’Institut de recherche et d’informations socioéconomiques (IRIS) souligne que malgré un certain équilibre du marché locatif, les prix des loyers poursuivent une progression anormale.

Le chercheur Philippe Hurteau a constaté que les prix des loyers ne cessent de grimper, plusieurs années après l’atteinte du taux d’inoccupation de 3 pour cent, qui est pourtant réputé un point d’équilibre.

Philippe Hurteau souligne que dans les années 1990, dans la même situation de surplus de logements, il était plus facile de négocier les coûts d’habitation.

Depuis que la pénurie de logements a tiré à sa fin, en 2012, les prix auraient dû à tout le moins se stabiliser, soutient M. Hurteau. Or, ils n’ont connu un recul que dans la région de Gatineau.

En entrevue avec La Presse canadienne, il a expliqué ce paradoxe par un manque de logements sociaux, une surabondance de condominiums, des retards dans les mises en chantier et peut-être même l’apparition de nouveaux services comme Airbnb, qui retirent des logements du marché.

De 2013 à 2016, le loyer moyen à Montréal est passé de 734 à 766 $ et à Québec, de 759 à 787 $ en dollars constants — un calcul qui élimine l’effet de l’inflation.

«Ce sont des augmentations qui ne sont pas énormes, reconnaît M. Hurteau. Mais elles s’ajoutent aux augmentations qui, elles, ont eu lieu pendant la crise de 2000 à 2012. C’est ce qui fait qu’aujourd’hui, une portion très inquiétante des locataires consacrent plus du tiers de leur revenu pour se loger.»

L’IRIS, un institut indépendant qui se décrit comme progressiste, présente comme solution une action plus ferme de l’État en matière de régulation des loyers.

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