Selon certaines sources, la déforestation au Brésil serait en hausse de 30 % depuis les 12 derniers mois.

C’est l’arbre qui cache la forêt, dit le vieux dicton. De nos jours, si on ne voit plus la forêt, c’est plutôt parce qu’il ne reste plus d’arbres. «Treize millions d’hectares de forêts sont détruits annuellement, ex-pli­que Sarene Marshall, de l’orga­nisme américain The Nature Conservancy. Cela équivaut à la superficie de la Grèce.»

Il s’agit pourtant d’une amélioration. Dans les an­nées 1990, la déforestation entraînait la destruction de 16 millions d’hectares an­nuellement. «Ce problème et les changements climatiques sont les grands enjeux touchant les forêts aujour­d’hui, affirme à Métro Eduardo Rojas, sous-directeur général de la FAO et chef du département des Forêts de cette organisation des Nations unies.

«Durant la dernière décennie, l’Europe a inversé le processus de déforestation, et les pays d’Asie ont mis sur pied d’importants programmes de reboisement, précise M. Rojas. Toutefois, à l’échelle mondiale, le déboisement se poursuit, notamment en Amérique latine et en Afrique.»

Au Brésil, la déforestation a augmenté de près de 30 % de­puis l’an dernier. Des compagnies rasent la forêt vierge, qui abrite une flore et une faune variées, afin de fournir en bois l’industrie du papier et du meuble. Mais les arbres sont aussi coupés par les habitants et les compagnies agricoles, qui cherchent moins à exploiter le bois qu’à disposer de plus de terres cultivables.

«En Afrique, la déforestation est souvent la conséquence de l’agriculture de subsistance, note Mme Marshall. En Amazonie, des portions de forêt sont rasées afin d’étendre l’élevage. L’autre grande cause de déforestation est la culture du soya, qui est utilisé dans la préparation des aliments destinés aux animaux.»

En Chine, le déboisement s’est fait de manière sauvage jusqu’à récemment. Mais le pays a dégagé d’importantes sommes afin de replanter des arbres. «Quand les forêts sont coupées, la terre est perdue, les sources d’eau sont touchées et les gens perdent leurs moyens de subsistance, explique Rojas. Les forêts absorbent par ailleurs le dioxyde de carbone, ajoute-t-il. Quand elles disparaissent, ce gaz se retrouve tout simplement dans l’atmosphère. De plus, sans forêts, les risques d’inondation augmentent. Le déboisement est en partie responsable des graves inondations qui ont frappé le Pakistan l’an dernier.»

Malgré cela, la déforestation se poursuit. «Si l’Asie, avec sa forte densité de population, a été capable d’inverser le processus, cela doit aussi être possible en Amérique latine», estime Rojas. L’Indonésie demeure toutefois un pays où ce problème persiste.

«La situation était très mauvaise dans les années 1990, rapporte Wahjudi Wardojo, un spécialiste indonésien des forêts. La déforestation a un peu diminué de­puis, mais la demande pour notre bois est encore forte.»

Enfin, il faut savoir que, même si on parvenait à faire repousser les forêts qui ont été rasées sur Terre, certains dommages seraient permanents. «Les espèces qui ont disparu sont perdues à jamais», conclut
Mme Marshall.

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Opinion : Jim Leape, directeur de WWF International
Il est temps d’être sérieux
Les discussions qui auront lieu à Durban, en Afrique du Sud, sur les changements climatiques sont une excellente oc­casion pour les gouvernements du monde entier de prendre des mesures concrètes afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre.

La mission du World Wildlife Fund est de voir à ce qu’advienne un avenir sain et prospère où les gens vivront en harmonie avec la nature. Dans cette optique, résoudre la crise climatique est d’une importance capitale. Les animaux et les végétaux qui se sont adaptés à leur environnement au cours de millions d’années d’évolution sont vulné­ra­bles au moindre changement de température.

Et les gens ne sont pas non plus à l’abri des conséquences des changements climatiques. Les vagues de chaleur, les sécheresses et les ouragans menacent la production alimentaire et pourraient même rendre certaines régions du globe aujourd’hui habitées totalement inhabitables.

La solution réside dans la construction d’une économie reposant sur des sources d’énergie propre et renouvelable.

Quand les pays du monde se réuniront à Durban, ils auront la possibilité de s’engager dans cette voie en obtenant de tous l’engagement ferme de s’éloigner des com­bus­tibles fossiles et d’assurer le financement nécessaire à l’instauration d’une approche plus verte de la croissance, et ce, en favorisant le développe­ment des pays plus pau­vres et en les aidant à faire face aux consé­quences des changements climatiques.

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