Charest et le pétrole sale
Du 22 au 25 mars, le ministère du Développement économique, de l’Innovation, et de l’Exportation (MDEIE) du Québec a prévu envoyer une mission économique en Alberta afin que les entreprises québécoises profitent de la manne financière que représente l’exploitation des sables bitumineux.
Ce n’est pas une nouveauté pour le gouvernement Charest de vouloir profiter du pétrole sale du Canada. L’an dernier, son ministre des Ressources naturelles, Claude Béchard, accompagnait déjà la mission économique québécoise à Edmonton lors du National Buyer Seller Forum (NBSF), ce même salon où de nouvelles firmes québécoises se rendront cette année afin de saisir les occasions d’affaires qu’offrent les sables bitumineux.
Entre la mission économique de l’an dernier et celle de 2010, ce qu’il y a de nouveau, c’est la croisade de Jean Charest pour faire du Québec un héros de la lutte contre les changements climatiques. Le premier ministre ne s’est pas ménagé lors de la conférence des Nations unies sur le climat à Copenhague pour illustrer la différence entre les positions québécoise et fédérale sur les cibles de réduction des gaz à effet de serre.
À mots à peine couverts, Jean Charest et sa ministre de l’Environnement, Line Beauchamp, n’ont cessé de montrer du doigt les sables bitumineux et l’Alberta pour leur rôle dans la croissance des émissions de gaz à effet de serre du Canada.
Jean Charest joue les héros de l’environnement, se vante d’être un leader dans la lutte contre les changements climatiques, mais ne s’offusque pas que sa province tente de récolter les fruits du pétrole sale.
À l’heure où le projet Trailbreaker menace de faire couler du pétrole albertain en territoire québécois, il est grand temps pour le gouvernement du Québec de clarifier sa position vis-à-vis du pétrole sale et de faire preuve de cohérence dans la lutte aux changements climatiques.
– Virginie Lambert Ferry, Responsable de la Campagne Climat-Énergie Greenpeace