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Belvédère du 375e : la première manche aux opposants

Belvédère du 375e : la première manche aux opposants
Photo: Photo TC Media - Hugo Lorini

Les élus de Rivière-des-Prairies – Pointe-aux-Trembles devront tenir un référendum s’ils veulent aller de l’avant avec leur projet de construction d’un belvédère en bordure du fleuve, prévu pour le 375e anniversaire de la Ville de Montréal.

Au total, 43 citoyens du secteur se sont opposés au projet en signant le registre sur la modification du règlement du zonage adopté par l’arrondissement au printemps dernier.

Le nombre de signatures requises pour forcer la tenue d’un scrutin référendaire étant de 39, le conseil d’arrondissement devra fixer une date pour le référendum ou abandonner la construction de la scène en bordure de rive prévue dans le cadre du projet. Ce sont 285 résidents du secteurs qui avaient le droit de s’exprimer sur la question.

La décision devrait être dévoilée lors d’une séance ultérieure du conseil d’arrondissement, selon les explications de Richard Joseph, chef de division en urbanisme.

«Les élus devront délibérer à ce sujet. Une résolution devra ensuite être adoptée afin que la décision soit entérinée.»

La scène commémorative, dont le coût est estimé à 615 000 $, fait partie des projets financés par Montréal dans le cadre du 375e anniversaire de la ville. Elle doit être bâtie sur le terrain situé à l’arrière de la Maison du citoyen, à l’angle de la rue Notre-Dame et du boulevard Saint-Jean-Baptiste.

Le projet prévoit l’installation d’un belvédère en porte-à-faux.

Une nuisance pour les résidents riverains
Maurice Vanier, porte-parole de l’Association des riverains du Vieux-Pointe-aux-Trembles (ARVPAT), espère que les élus opteront pour l’abandon du projet à cet emplacement.

«Nous sommes certains que cet endroit où l’on compte faire des spectacles deviendra une nuisance pour les voisins qui devront endurer le bruit et l’achalandage. On peut pas mettre une installation pareille dans un endroit résidentiel.»

Rappelons que l’ARVPAT et les résidents de la coopérative d’habitation Villa Trois Étoiles, située à quelques pas du belvédère projeté, ont fait front commun dans ce dossier, notamment en se rendant à une consultation publique tenue au printemps.

Des appuis au projet
À la suite de la signature du registre sur le règlement de zonage, un nouveau groupe citoyen a fait surface afin de manifester son appui au projet, tel que proposé par l’arrondissement.

Mario Blanchet, ancien conseiller d’arrondissement, est à la tête de ce mouvement d’une quarantaine de personnes qui considèrent que «l’intérêt collectif de la population doit primer.»

«Un belvédère en porte-à-faux sera unique sur l’île et deviendra une signature distinctive de l’arrondissement. Comme c’est un projet qui bénéficie à toute la population, c’est injuste qu’une toute petite minorité le bloque en invoquant des problèmes de bruit», dit-il.

Ce dernier a d’ailleurs fait signer une pétition afin de demander aux élus d’opter pour la tenue du référendum.

«Nous sommes convaincus que si l’on tient le référendum, nous allons avoir suffisamment d’appuis pour continuer le projet. On parle ici d’investissements publics pour attirer des nouveaux résidents et même des investisseurs privés, comme des commerçants, alors nous ferons tout ce qui est dans notre possible pour que le projet voit le jour.»

La mairesse Chantal Rouleau affirme que le projet «respectera» l’esprit des lieux ainsi que la tranquillité des riverains.

«C’est important que les gens comprennent que le fleuve doit être accessible à tous. Il y aura là des démonstrations artistiques, mais rien de bruyant. On parle de concerts de musique classique, de chansonniers, des pièces de théâtre, bref des activités qui vont avec le décor bucolique et spirituel de la place.»