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Incinérateur des Carrières: faire du passé industriel un fleuron de la chimie verte

Incinérateur des Carrières: faire du passé industriel un fleuron de la chimie verte
Photo: Collaboration spéciale/Cathedrale verte

L’incinérateur des Carrières, dans Rosemont–La Petite-Patrie, fait l’objet de plusieurs projets de revalorisation soumis à la Ville de Montréal, propriétaire des lieux. Parmi les idées novatrices qui pourraient donner une nouvelle vie à ce bâtiment contaminé abandonné depuis plus de 20 ans, se trouve la Cathédrale verte, un projet estimé à 120 M$.

Cathédrale verte, c’est l’idée de deux amis de longue date; l’un est français, l’autre québécois, mais tous deux rêvent de faire un pied de nez au passé pollueur de cette ancienne usine de traitement de déchets avec l’envie qu’elle devienne un exemple mondial de la «3e révolution industrielle»; celle tournée vers la revalorisation et l’environnement.

«Il faut transformer ces 3600 m2 disponibles au cœur de Montréal pour éviter d’utiliser d’autres terres arables en périphérie», estime Nicolas Vézeau, président de Cathédrale verte.

Avec son comparse, Jean-Baptiste Reulet, il a travaillé sur un concept de centre de traitement de déchets nouvelle génération pour produire des bioplastiques. Seraient ensuite fabriquer des pièces de plastique, à l’aide d’impression 3D, pour les entreprises locales.

«Nous avons passé des heures à étudier, à chercher des exemples. Nous avons également pu visiter le bâtiment et nous avons l’appui des élus de Rosemont–La Patrie et de Réal Ménard, à la ville-centre», ajoute M. Vézeau.

L’entrepreneur voit dans son projet un moyen de réduire les émissions de gaz à effet de serre en recyclant les déchets sur place et de dynamiser l’économie locale.

Nettoyer les lieux
Avant de pouvoir pleinement investir l’espace, une décontamination s’impose.

«Il y a trois sources principales de contamination à l’intérieur du bâtiment, explique M. Vézeau, soit des résidus de pétrole, divers produits chimiques mélangés à l’eau stagnante au sous-sol et de l’amiante. Nous sommes en communication avec une entreprise française pour une décontamination possible à 99 % de pureté de l’eau. Nous envisageons également d’utiliser des plantes comme la moutarde et des saules qui ont de bonnes propriétés de décontamination.»

Les deux amis souhaitent aussi végétaliser l’extérieur du bâtiment en enlevant plusieurs parties asphaltées, en intégrant de la vigne rampante et surtout, en créant un couloir verdi pour relier Rosemont–La Petite-Patrie à son voisin du Plateau-Mont-Royal, en passant au-dessus de la voie ferrée. L’eau de pluie serait aussi récupérée.

Viser le 375e anniversaire de Montréal
Le projet de Cathédrale verte a été soumis à la Ville de Montréal dans le cadre de la campagne «Je fais Montréal», pour le 375e anniversaire de Montréal en 2017.

Les porteurs du projet souhaitent signer avec la Ville un bail de 33 ans pour utiliser les lieux. «La Ville ne mettra pas un sou », assure M. Vézeau qui dit avoir trouvé des partenaires financiers.

Cependant, le projet n’a pas encore obtenu un soutien officiel de l’administration centrale. «Nous avons de la difficulté à avoir un bon créneau», constate M. Vézeau.

«Il semble y avoir quelques réticences à la Ville de Montréal», atteste François Croteau, maire de l’arrondissement, qui soutient le projet de la Cathédrale verte.

«Nous sommes toujours en processus d’évaluation de tous les projets soumis à la Ville pour l’incinérateur des Carrières. Il nous est donc impossible de commenter les projets, tant que le processus d’évaluation est en cours», répond-on aux communications centrales.

Les deux cofondateurs de ce projet de revalorisation de l’incinérateur des Carrières comptent désormais sur de nouvelles rencontres avec les services centraux, prévues au printemps.