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40 ans de données sur la glace polaire compromises

Photo: JONATHAN HAYWARD

Une des plus importantes bases de données sur l’évolution du climat, qui regroupe 40 décennies continues de relevés satellitaires sur la glace océanique de l’Arctique et de l’Antarctique, pourrait bientôt devoir être interrompue, selon un article publié cette semaine dans la revue scientifique Nature.

Ces données sont compilées par le US National Snow and Ice Data Center (NSIDC), mais sont tirées des observations de plusieurs satellites militaires américains. Les engins, qui mesurent l’étendue de la banquise en utilisant des capteurs à micro-ondes, approchent l’âge de la retraite.

Selon Nature, trois satellites sont encore fonctionnels, mais vieillissants, et l’engin sensé les remplacer a connu une mort rapide le mois dernier, trois ans seulement après son lancement en orbite, après avoir eu des problèmes techniques pour la plus grande partie de son existence utile.

Un autre satellite capable d’observer la glace océanique, le F20, était sensé être lancé en orbite, mais les fonds du programme ont été coupés par le Congrès américain.

Les données sur la glace océanique sont donc sur le point d’être interrompues, alors que le prochain satellite ne sera lancé qu’en 2022, le premier d’une nouvelle flotte du Defense Meteorological Satellite Program (DMSP). En attendant, les présents satellites du DMSP, qui ont respectivement 8, 11 et 14 ans, étaient conçus pour être utilisés pendant 5 ans. Du jour au lendemain, ils pourraient devenir caducs et les scientifiques américains pourraient ne plus avoir accès à des données fiables pour étudier la glace des pôles.

Toujours selon Nature, une option de remplacement serait d’utiliser les données d’un satellite japonais, ou encore ceux de la Chine. Mais les États-Unis vont devoir trouver une solution fiable et à long terme pour continuer d’étudier la glace océanique, qui constitue une variable unique pour étudier le climat dans son ensemble.

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