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Pas question de renoncer à la gestion de l’offre, dit Trudeau

Sean Kilpatrick / La Presse Canadienne

Dans une entrevue accordée au réseau CBC, lundi, le premier ministre Trudeau a réitéré son appui au système de gestion de l’offre, alors que son conseiller Brian Mulroney a vivement critiqué son application au courant des derniers mois.

L’ancien premier ministre canadien conseille effectivement le cabinet de Justin Trudeau dans ses relations avec Washington, depuis l’arrivée du président Donald Trump en 2016. À plusieurs reprises, M. Mulroney s’est prononcé «en faveur» de l’abolition du système de gestion de l’offre au Canada, au moment où le ministère des Finances du Canada travaille à l’élaboration de plusieurs scénarios sur la gestion de l’offre partout au pays.

Questionné à ce sujet, l’actuel premier ministre a pour sa part été très clair : il n’est pas question actuellement de détruire ou même de revoir les processus. La gestion de l’offre ne fait pas non plus partie des discussions pour un nouvel accord libre-échange avec le Mexique et les États-Unis, selon lui.

«Absolument pas. Je l’ai dit et je vais continuer de le dire, à la fois aux Canadiens et aux Américains, y compris directement au président Trump, que nous n’allons pas renoncer à la gestion de l’offre», a-t-il lancé sur les ondes de la société d’État.

Selon lui, la gestion de l’offre est un système qui «fonctionne pour les Canadiens» actuellement, surtout pour «nos producteurs agricoles et nos producteurs de lait». «Nous allons continuer de le protéger», a-t-il ajouté.

Justin Trudeau tenait ces propos à quelques heures seulement de son déplacement vers l’Île-du-Prince-Édouard, où il doit notamment participer ce lundi à la populaire foire agricole Old Home Week.

Des échos jusqu’à Québec

La sortie du premier ministre canadien a fait écho aux propos de Philippe Couillard, qui a lui aussi défendu l’importance de la gestion de l’offre, la semaine dernière.

M. Couillard avait affirmé que son équipe défendra les mécanismes en place «coûte que coûte». «Les intérêts de nos agriculteurs et de leurs familles en dépendent», avait-il indiqué sur Twitter.

Québec assure «avoir toujours défendu vigoureusement le système de gestion de l’offre», et continuera de le faire au courant des prochains mois.

Le ministre provincial des Finances, Carlos Leitão, avait lui aussi appuyé les propos de son chef, en expliquant que la gestion de l’offre fait «partie de la définition même du secteur agricole du Québec» et que sa protection est essentielle. «C’est impensable [de ne pas la] défendre», a-t-il ajouté là-dessus, rappelant au passage que M. Mulroney n’est pas au gouvernement et que la position fédérale «est très claire» pour l’instant.

Qu’est-ce que la gestion de l’offre ?

Au Canada, le système de gestion de l’offre fournit essentiellement des quotas de travail aux producteurs de lait, d’œufs et de volailles.

En plus d’imposer une limite, l’exercice permet de toucher un revenu sans recevoir de subventions fédérales.

De son côté, Ottawa promet de limiter l’importation de ces mêmes produits, afin de favoriser la production d’ici. Cette idée est en place depuis les années 1970, partout au pays.

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