À un peu moins d’un mois de la date limite pour participer au régime enregistré d’épargne-retraite (REER), Métro présente dans ce cahier quelques conseils de base pour épargnants débutants.
REER 2013. Le 1er mars arrive à grands pas, et avec lui la date butoir pour la participation au régime enregistré d’épargne-retraite (REER). Guide express de ce qu’il vous faut savoir pour bien cotiser.
Quand commencer?
Le plus tôt sera le mieux. Plus votre capital aura du temps devant lui, plus il fructifiera. Dès lors que vous disposez d’un revenu gagné admissible, vous pouvez commencer à remplir la tirelire. Les conseillers financiers en institution suggèrent habituellement de prendre précocement l’habitude de l’épargne-retraite, même avec de modestes revenus. Dix dollars par semaine, c’est déjà un début.
Par voie de communiqué, la présidente de Question Retraite, Jocelyne Houle-Le Sarge, déclarait en septembre 2012 que «s’ils ne posent pas dès maintenant les gestes essentiels à une planification adéquate de leur retraite, bon nombre de travailleurs québécois pourraient compromettre leur sécurité financière». Plus de la moitié (56 %) des répondants à un sondage effectué par cet organisme commenceraient à cotiser plus tôt s’ils pouvaient remonter dans le temps. Cigale ou fourmi? C’est un pensez-y bien!
Comment?
Adressez-vous à un établissement financier pour souscrire à un REER. Différents types de régimes vous seront proposés selon vos ressources et votre aversion au risque. Votre épargne grandit à l’abri de l’impôt, et le montant versé chaque année en est déductible. Ce n’est qu’au moment du retrait que les sommes se sont imposées, au même titre qu’un revenu.
En cotisant en début d’année plutôt qu’à la fin, vous augmentez vos économies : vos intérêts disposent d’une année de plus pour fructifier. En versant 10 000 $ en janvier plutôt qu’à la fin de l’année, ce sont 12 mois de plus de rendement. Répété sur 15 ou 20 ans, l’exercice peut représenter une différence non négligeable.
Le prélèvement à la source (automatique à chaque paye, par exemple) permet de ne pas se défausser. L’institution financière auprès de qui vous souscrivez à un REER peut le mettre en place avec vous.
Vérifiez si votre entreprise offre un régime collectif. En principe, la cotisation est prélevée directement sur la paye, et un tel régime est avantageux en ce sens que l’employeur y contribue lui-même. Par exemple en versant un dollar pour chaque dollar que vous cotisez.
Enfin, si vous manquez de fonds une fois les dépenses courantes assumées, sachez que vous pouvez emprunter pour cotiser. Vous pourriez bénéficier ainsi d’un remboursement d’impôt, qu’il sera judicieux d’utiliser pour rembourser votre dette.
Combien?
Trois facteurs déterminent ce dont vous aurez besoin à la retraite. L’âge auquel vous pensez la prendre, vos projets et vos sources de revenus lorsque vous serez retraité. Vous ne devrez pas économiser les mêmes sommes selon que vous travaillerez 15 ou 30 ans d’ici votre retraite. Une retraite constituée de voyages et de loisirs onéreux nécessitera davantage d’épargne que si vous projetez d’aller jouer au bowling au coin de la rue et garder vos petits-enfants. Serez-vous admissible à tout l’éventail de régimes de pension des gouvernements provinciaux et fédéraux? Comptez-vous travailler pendant votre retraite? Considérez aussi que certaines dépenses diminueront (celles liées au travail notamment, dont le transport). À l’inverse, la part allouée aux soins de santé et aux loisirs pourrait augmenter.
Pour 2012, vous pouvez cotiser un maximum de 18 % des revenus admissibles, jusqu’à concurrence de 22 970 $. Question Retraite estime de son côté à 10 % la part de revenus nets qu’il faudrait mettre de côté.
Le CELI, une solution de rechange au REER?
Le compte d’épargne libre d’impôt permet de cotiser un maximum de 5 000 $ par an. Comme avec le REER, vous pouvez reporter d’une année à l’autre la part qui n’a pas été utilisée. Par exemple, si vous versez 2 500 $ une année, vous pourrez contribuer à hauteur de 7 500 $ la suivante. À l’inverse du REER, les cotisations ne sont pas déductibles d’impôt, et les retraits ne sont pas imposés. On peut ainsi puiser dans son CELI au besoin sans encourir de pénalité.
Au moment de la retraite, les retraits du CELI n’ont aucune incidence sur les droits aux prestations gouvernementales attribuées selon le revenu. Il peut donc constituer une solution financière efficace pour les personnes au revenu modique.
Quels changements pour 2013?
D’ici le printemps, le gouvernement Marois déposera un projet de loi sur le régime volontaire d’épargne-retraite (RVER). L’objectif est de «faciliter l’épargne à ceux qui n’économisent pas suffisamment pour leur retraite» et à permettre «aux deux millions de Québécois sans régime de retraite d’avoir accès à un véhicule d’épargne offrant les avantages d’un régime collectif», selon les termes du budget 2013-2014. Le RVER se veut incitatif pour l’employeur comme pour l’employé. Tous deux verraient leurs cotisations déduites du revenu imposable. Travailleurs autonomes et micro-entreprises pourront aussi se prévaloir de ce régime, auquel seront automatiquement inscrits les salariés d’entreprises comptant cinq employés minimum.
Autre nouveauté à signaler : la cotisation maximale à un REER passera à 23 820 $ en 2013.
Internet
Les outils en ligne :
- Guide de la planification financière de la retraite 2012-2013.
- Sur le site de la Régie des rentes du Québec, consultez votre relevé de participation dans le volet «Mon dossier».
- Simulateur de revenus à la retraite.
- Calculatrice du taux de remplacement de revenu.
