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CHSLD: la coroner se distancie de la «joute politique»

Géhane Kamel, du bureau du coroner Photo: Josie Desmarais/Métro

Alors que le gouvernement du Québec est attaqué par les différentes oppositions au sujet des fameuses grilles d’évaluation des visites d’inspections dans les CHSLD, la coroner Géhane Kamel a tenu à rappeler qu’elle «ne joue pas dans la joute politique».

«S’il y a une chose à laquelle je n’accorde pas d’importance, c’est ce qui se passe à l’extérieur de la salle d’audience. Il y a beaucoup d’encre qui a coulé depuis les dernières semaines», a-t-elle déclaré en guise de «mise en garde» mercredi matin.

Elle a voulu ainsi rassurer la sous-ministre adjointe des aînés et des proches aidants, Natalie Rosebush, qui témoignait pour une deuxième fois dans le cadre de l’enquête visant à faire la lumière sur les décès survenus en CHSLD au printemps 2020.

«Je vous ai réinvitée à venir devant moi pour m’expliquer ce qui s’est passé entre les témoignages qu’on a entendus et les fameuses grilles ou rapports», a poursuivi Me Géhane Kamel. 

Attaques des oppositions

Pendant ce temps à l’Assemblée nationale, les différents partis politiques de l’opposition ont continué de remettre en doute l’intégrité et la transparence du gouvernement du Québec dans le dossier des CHSLD. 

Depuis les derniers jours, les oppositions accusent la CAQ d’avoir fabriqué ou même détruit des documents pour se protéger. «De toute évidence, le gouvernement a quelque chose à cacher, puis ça, juste ça, c’est troublant», a déclaré le co-porte-parole de Québec solidaire, Gabriel Nadeau-Dubois.

Son parti politique demande le déclenchement d’une enquête publique sur les CHSLD. «Suffit, les excuses, suffit, les manigances, suffit, les cachotteries. On veut les rapports, on les veut maintenant», a renchéri l’élu de Québec solidaire, Vincent Marissal.

Le Parti libéral du Québec (PLQ) exige aussi que tous les documents auxquels a accès la Protectrice du citoyen puissent être transmis à la coroner Kamel et qu’ils soient rendus publics. «Il y a quelque chose qui est caché, et chaque jour amène son lot de questionnements puis chaque jour amène encore plus de nuages autour de cette histoire-là. Donc il faut aller au fond des choses, et on n’est pas là encore», a affirmé la cheffe du PLQ, Dominique Anglade.

De son côté, le chef du Parti québécois, Paul St-Pierre Plamondon, se demande si le gouvernement n’a pas demandé à sa sous-ministre Natalie Rosebush de mentir. 

«Dans la préparation des témoignages, est-ce qu’on a demandé à Mme Rosebush d’omettre que les documents présentés ont été créés le 16 novembre, d’omettre que les rapports écrits existent, pour s’en tenir à une version dans le cadre duquel il y a juste des rapports émis de manière verbale?», a-t-il dit.

Précisions de Natalie Rosebush

Lors de son deuxième témoignage sous serment mercredi matin, Natalie Rosebush a pu clarifier plusieurs points devant la coroner Kamel. 

Après chaque visite de vigie dans les milieux de vie, les évaluateurs devaient inscrire leurs observations dans un «outil commun informatisé», a expliqué Mme Rosebush. Ce tableau synthèse, sous forme de fichier Excel, réunissait l’ensemble des observations des visites pour tous les CHSLD.

La sous-ministre a assuré qu’aucun document n’avait été fabriqué. «Le fichier Excel, est-ce que vous l’avez bâti pour l’enquête du coroner?», lui a demandé Me Géhane Kamel.

«Pas du tout. La grille, c’est un fichier Excel qui a été bâti dès le début des visites de vigie, à partir du 14 avril, a répondu la témoin. La date du 16 novembre apparaît parce que c’est la date à laquelle les informations du document ont été captées.»

En janvier, de nouveaux témoins seront appelés à la barre pour assembler les dernières pièces du casse-tête.

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