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Vigile pour demander la réunification de Raïf Badawi avec sa famille 

À la suite de la libération du blogueur Raïf Badawi le 11 mars dernier après 10 ans de détention en Arabie saoudite, des sympathisants se sont rassemblés jeudi midi au centre-ville de Montréal pour demander que l’homme soit réuni avec sa famille au Canada.

Cette vigile de solidarité est organisée par l’organisme Amnistie internationale, qui appelle à maintenir la pression sur les autorités saoudiennes afin que Raïf Badawi puisse retrouver sa famille au Canada le plus rapidement possible.

«Célébration en demi-teinte»

Bien que M. Badawi ait été libéré de prison, il lui est toutefois encore interdit de quitter l’Arabie saoudite et d’utiliser tout média social pour les 10 prochaines années. Or, la famille du citoyen d’honneur de la Ville de Montréal réside à Sherbrooke. «Raïf à Sherbrooke! Raïf au Canada! Liberté d’expression pour tous», scandaient les manifestants.

C’est donc une «célébration en demi-teinte» pour la directrice générale de la section francophone d’Amnistie internationale, France-Isabelle Langlois. M. Badawi «n’est pas au bout de ses peines, a-t-elle dit en rappelant les sanctions qui pèsent toujours sur lui. […] Il y a une amende aussi qui est associée à sa peine.»

Amnistie internationale indique ne pas avoir beaucoup de nouvelles de Raïf Badawi mis à part le fait qu’il parle à sa conjointe, Ensaf Haidar, tous les jours depuis sa sortie et qu’il se trouve dans un «lieu sécurisé». Le blogueur avait été condamné à une peine de 10 ans de prison, qu’il a purgée entièrement, après avoir demandé sur son site internet la fin de l’influence religieuse dans le royaume saoudien, régi par le wahhabisme, version rigoriste de l’islam.

S’il avait aussi été condamné à 1000 coups de fouet, Raïf Badawi en a finalement reçu 50, a rappelé Mme Langlois. «La peine de flagellation a aussi été abolie en Arabie saoudite, donc on peut penser que la mobilisation que nous avons menée contre les coups de fouet pour Raïf et les autres défenseurs des droits aura contribué à l’annulation de cette peine moyenâgeuse pour le monde», a-t-elle précisé.

Afin de ne pas nuire à la possibilité pour Raïf Badawi d’obtenir la grâce royale de la part du roi d’Arabie saoudite, peut-être durant le ramadan, Amnistie internationale souligne ne pas vouloir faire de «trop gros coups d’éclat» en se mobilisant.

Libération pour tous

Le rassemblement était aussi l’occasion pour Amnistie internationale de militer pour la libération de tous les défenseurs des droits humains injustement emprisonnés en Arabie saoudite.

En effet, l’organisme dénonce le fait que la répression sévit toujours en Arabie saoudite, soulignant que 81 personnes ont été tuées dans ce pays du Moyen-Orient samedi dernier, le 12 mars, un jour après la libération de prison de Raïf Badawi.

Selon Amnistie internationale, plusieurs dizaines de personnes sont actuellement incarcérées en Arabie saoudite en raison de leurs activités militantes, de leur travail de défense des droits humains ou parce qu’elles ont exprimé des opinions dissidentes.

Et même une fois libres, les défenseurs des droits humains sont contraints de signer des engagements, qui comprennent souvent l’interdiction de s’exprimer en public, d’avoir des activités de défense des droits humains et d’utiliser les réseaux sociaux. «Ces conditions constituent des violations des droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique», affirme l’organisme.

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