L’année 2009 restera longtemps dans nos mémoires. Après un début d’année rappelant les plus épouvantables films d’horreur, les marchés boursiers se sont ressaisis. Ainsi, même si on a frôlé la catastrophe financière, les indices boursiers ont procuré de généreux rendements. Les braves qui ont favorisé les actions en période REER l’an dernier ont été récompensés. Qu’en est-il maintenant, en 2010, alors que l’économie semble être enfin sortie de la récession?
Pause à venir
D’abord, il faut comprendre la nature anticipatoire de la Bourse. Lorsque l’économie reprendra le sentier de la croissance, ce ne sera pas une nouvelle pour les investisseurs. Cette croissance sera en partie déjà anticipée dans les cours boursiers.
En effet, la forte performance de la Bourse s’explique par le fait que les investisseurs s’attendent à ce que l’économie nord-américaine reprenne le sentier de la croissance. Concrètement, cela signifie que les marchés boursiers ont déjà fait un bon bout de chemin… ce qui devrait inciter à la prudence. Il est inévitable que quelque part en 2010, la Bourse subisse une correction, soit une baisse des indices d’environ 10 %.
Impact sur votre stratégie
Comment tout cela devrait-il affecter votre stratégie REER? L’impact peut être nul ou crucial, selon votre situation personnelle. Par exemple, si vous êtes dans la force de l’âge et avez un bon emploi, de bons revenus et une grande capacité d’épargne, tout en ayant plus de 20 ans devant vous avant de penser à la retraite, la possibilité d’une correction boursière ne devrait pas vous fatiguer du tout. Votre REER devrait être constitué à 100 % ou presque d’actions.
Par contre, si vous êtes très près de la retraite, l’impact d’une correction possible est plus grand. Voir son capital fondre de 10 ou 15 % tout juste avant de prendre sa retraite peut faire mal. Dans ce cas, il est peut-être avisé de favoriser les titres à revenus comme les obligations pour votre REER cette année. Mais faites attention : qui dit fin de récession, dit aussi fin de la détente des taux d’intérêt. Ainsi, si l’économie reprend de la vigueur cette année, il est pratiquement certain que les taux augmenteront. Si c’est le cas, la valeur des obligations baissera, et peut-être de façon importante.
C’est pour cela qu’il vaut mieux favoriser les titres obligataires avec des échéances à court terme (maximum 2 ans) pour minimiser les risques de perte (plus une obligation est à long terme, plus elle perd de la valeur lorsque les taux d’intérêt s’apprécient).
Bernard Mooney est chroniqueur au Journal Les Affaires et auteur du livre «Investir en Bourse et s’enrichir».