Au début de la crise économique, les économistes annonçaient la pire récession depuis les années 1920 : rien pour rassurer les épargnants, qui voyaient la valeur de leurs placements chuter rapidement. Maintenant que la reprise pointe son nez, il est temps de revoir ses stratégies et de faire la paix avec ses finances.
«Pour certains, il s’agissait de leur première crise, explique Guylaine Dufresne, directrice de la planification financière à la Banque Laurentienne. Maintenant que la vague est passée, c’est une bonne occasion de réfléchir à nos réactions et d’apprendre de nos erreurs.»
La première chose à faire est de réviser votre profil d’investisseur, qui permet de cerner vos besoins et votre tolérance au risque (voir article ci-contre) «Plusieurs épargnants ont réalisé qu’ils n’étaient pas aussi tolérants qu’ils le croyaient, constate Mme Dufresne. En période de prospérité, il est facile de vivre avec un placement risqué, surtout lorsque celui-ci nous donne un rendement élevé. Ce l’est moins en récession. Pendant la crise, plusieurs épargnants n’ont plus été capables de dormir.»
Dans la tête de l’épargnant
La panique est une mauvaise conseillère en matière de finance. Beaucoup de particuliers achètent lorsque l’économie va bien et que le coût des produits financiers est élevé. À l’inverse, ces mêmes personnes vendent en pleine récession, alors que la valeur de leurs placements est plus faible. Les experts, quant à eux, conseillent plutôt de profiter du fait que les prix sont bas pour investir.
S’isoler des marchés en attendant le retour de la croissance est une mauvaise stratégie, selon Mme Dufresne. «Les indices boursiers reviennent toujours à leur plafond d’avant la crise, explique-t-elle. Les deux premières années de la reprise sont des années de très grandes croissances. En se retirant des marchés financiers, plusieurs personnes manquent de belles occasions.»
Il faut prévoir des fonds pour profiter des occasions d’achats qu’offrent les récessions, affirme Gabriel Lancry, conseiller principal chez Scotia McLeod. «C’est important de garder des liquidités, conseille-t-il. Je suggère environ 5 % de la valeur du portefeuille, mais ce montant peut varier selon le profil de l’investisseur.»