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12:10 28 juillet 2018 | mise à jour le: 28 juillet 2018 à 12:10 Temps de lecture: 3 minutes

Plus grand nombre de condamnations à mort prononcé dans une seule affaire en Égypte

Plus grand nombre de condamnations à mort prononcé dans une seule affaire en Égypte
Photo: AFPMembers of Egypt's banned Muslim Brotherhood are seen inside a glass dock during their trial in the capital Cairo on July 28, 2018. An Egyptian criminal court referred 75 death sentences, including of Muslim Brotherhood leaders, to the country's grand mufti for consultation on July 28. Those found guilty were among 713 defendants on trial for killing policemen and vandalising property during 2013 clashes between security forces and supporters of ousted Islamist president Mohamed Morsi. / AFP PHOTO / Khaled DESOUKI

Une cour du Caire a prononcé samedi la peine de mort contre 75 islamistes dont des dirigeants des Frères musulmans, le plus grand nombre de condamnations à la peine capitale dans une seule affaire.

Les juges ont, comme la législation l’exige, demandé l’avis consultatif du grand mufti d’Egypte sur ces peines, prononcées dans une affaire liée à une manifestation violente en 2013.

Après l’avis du mufti, les condamnés pourront faire appel.

Après l’éviction le 3 juillet 2013 de Mohamed Morsi, premier président élu démocratiquement en Egypte, le pays avait connu plusieurs mois de violence durant lesquels les forces de sécurité ont réprimé dans le sang les rassemblements de ses partisans.

Le 14 août 2013, policiers et soldats avaient ainsi tué par balles plus de 700 manifestants pro-Morsi en faisant évacuer la place Rabaa al-Adawiya et une autre du centre de la capitale.

De hauts dirigeants des Frères musulmans, comme Mohammed al-Beltaji, Issam al-Aryane et Safwat Hijazi figurent parmi les personnes condamnées à mort samedi, dont 31 ont été jugées par contumace. 

La cour a décidé de prononcer les jugements contre le reste des accusés dans cette l’affaire -où 713 personnes sont jugées au total- après que le mufti aura rendu son avis, le 8 septembre prochain.

Les 75 islamistes dont le dossier est aux mains du mufti ont été reconnus coupables d’«attroupement ayant perturbé l’ordre et la sécurité». Ils ont également été condamnés pour avoir notamment mis la vie de personnes en danger, résisté aux forces de police ainsi que pour «meurtre avec préméditation» et vandalisme.

Le photojournaliste Mahmoud Abou Zeid, connu sous son pseudonyme Shawkan, figure parmi les accusés mais le tribunal a repoussé le prononcé de sa sentence. Il avait été interpellé le jour de la sanglante dispersion sur la place Rabaa al-Adawiya alors qu’il couvrait les évènements. Des ONG militent depuis pour sa libération.

Le chef de l’armée à l’époque des évènements, le général Abdel Fattah al-Sissi qui avait destitué M. Morsi, a ensuite été élu président en mai 2014, évinçant toute opposition de la scène politique.

Les organisations internationales de défense des droits de l’Homme accusent son régime d’être ultra-répressif et d’instrumentaliser la justice pour étouffer toute opposition. Des centaines d’islamistes, y compris M. Morsi, ont ainsi été condamnés à mort dans des procès de masse expéditifs dénoncés par l’ONU.

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