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11:19 10 mai 2019 | mise à jour le: 10 mai 2019 à 11:19 Temps de lecture: 3 minutes

Le Portugal s’évite une crise politique

Le Portugal s’évite une crise politique
Photo: AFPDe gauche à droite: le président français Emmanuel Macron, la chancelière allemande Angela Merkel et le premier ministre portugais Antonio Costa

Le Parlement portugais a évité la démission du gouvernement socialiste minoritaire en rejetant vendredi les différents projets de l’opposition censés permettre aux enseignants de récupérer les promotions et hausses de salaire gelées pendant la crise économique.

Après le vote, le Premier ministre Antonio Costa a salué un résultat qui représente «une victoire de la responsabilité» car, selon lui, cette mesure aurait fait exploser le déficit budgétaire.

M. Costa avait menacé le 3 mai de démissionner si l’Assemblée adoptait la version finale d’un texte approuvé la veille par la commission parlementaire de l’Education grâce à une alliance inattendue des deux partis de droite et des formations de la gauche radicale.

L’opposition de droite avait ensuite reculé en annonçant qu’elle ne maintiendrait son soutien à cette mesure que si elle était assortie de conditions réduisant sensiblement son impact sur les comptes publics. La gauche radicale, elle, avait refusé de faire marche arrière, condamnant le texte à échouer vendredi en séance plénière.

Antonio Costa a été accusé par ses adversaires d’avoir créé une crise politique «artificielle» en menaçant de démissionner afin de conforter l’avantage dont il est crédité dans les sondages à l’approche des élections européennes du 26 mai, puis des législatives prévues le 6 octobre.

D’après les analystes, le chef du gouvernement a cherché à renforcer son image de gestionnaire responsable et séduire les électeurs du centre alors qu’il gouverne depuis 2015 grâce au soutien des partis situés à sa gauche, qui sont hostiles à la rigueur budgétaire exigée par Bruxelles.

Bénéficiant d’une embellie économique qui lui a permis de mettre fin à la sévère politique d’austérité du précédent gouvernement de droite tout en continuant d’assainir les finances publiques, l’exécutif a toutefois déçu les attentes qu’il avait lui-même nourries.

Depuis la fin de l’année dernière, les mouvements de grève se succèdent au sein des différents corps de fonctionnaires.

À l’appel de leur principale plateforme syndicale, le Front commun des syndicats de la fonction publique, des milliers de fonctionnaires ont manifesté vendredi dans les rues de Lisbonne pour réclamer des hausses de salaires et le dégel des carrières pour toutes les catégories.

«Assez de gel des promotions, nous voulons nos augmentations!», ont-ils scandé en défilant vers la résidence officielle du Premier ministre.

«J’ai travaillé pendant neuf ans, quatre mois et deux jours qui ne comptent pas pour ma carrière. Je risque pour cette raison de partir à la retraite sans atteindre l’échelon le plus élevé», a déclaré à l’AFP Rosa Vaz, maîtresse d’une école maternelle de la banlieue de Lisbonne.

L’enseignante de 58 ans ne décolérait pas contre les socialistes pour avoir rejeté les textes soumis au Parlement: «C’est injuste et c’est une honte, les professeurs ne voteront pas pour eux!»

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