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18:06 18 février 2016 | mise à jour le: 18 février 2016 à 18:07 Temps de lecture: 5 minutes

Ouganda: l’opposant Besigye est brièvement arrêté pendant la présidentielle

Ouganda: l’opposant Besigye est brièvement arrêté pendant la présidentielle
Photo: Ben Curtis/The Associated PressFILE - In this Monday, Feb. 15, 2016 file photo, leading opposition leader and presidential candidate Kizza Besigye, center, is grabbed before being arrested by riot police in downtown Kampala, Uganda. An aide said Besigye had been arrested again on election day, late Thursday, Feb. 18, 2016, in the Kampala suburb of Naguru, where he had gone to investigate alleged ballot stuffing. (AP Photo/Ben Curtis, File)

Le principal candidat de l’opposition ougandaise a été brièvement arrêté tard jeudi dans la capitale, a dit son bras droit, au moment où on entamait le décompte d’un scrutin présidentiel et parlementaire qui a été entaché de multiples problèmes.

Kizza Besigye a été arrêté dans le quartier de Naguru, à Kampala, où il s’était rendu enquêter sur des allégations de fraude électorale dans un immeuble géré par les services du renseignement, a dit Shawn Mubiru, le responsable des communications du Forum pour le changement démocratique de M. Besigye.

M. Besigye, le principal rival du président Yoweri Museveni, a été relâché un peu plus tard, après avoir été reconduit chez lui.

Les problèmes notés jeudi ont été qualifiés d’“absolument inexcusables” par un observateur international et de “délibérés” par l’opposition.

Même à midi, cinq heures après le début du vote, certains bureaux de scrutin n’avaient toujours pas reçu de bulletins. De longues files d’attente s’étaient formées, les urnes électorales étaient arrivées en milieu de matinée, mais l’absence de bulletins empêchait quiconque de voter.

Plusieurs dizaines de bureaux de vote n’ont carrément jamais ouvert jeudi et la commission électorale a annoncé en fin de journée qu’ils le seront vendredi.

Le président Museveni est sérieusement menacé par M. Besigye, qui le traite ouvertement de dictateur et qui a dit croire que le vote ne sera ni libre, ni juste. M. Besigye a promis jeudi de respecter l’issue du scrutin, s’il est juste et libre. Il s’est aussi engagé à poursuivre le combat si cela n’est pas le cas.

La violence a éclaté dans le quartier de Gbaga, à Kampala, quand des électeurs qui attendaient depuis sept heures ont appris que les bulletins qui venaient d’être livrés étaient réservés à l’élection de parlementaires, et non du président. Des électeurs frustrés ont alors bousculé les policiers pour s’emparer des urnes, qu’ils ont éparpillées à l’extérieur du bureau de scrutin.

Les policiers ont répliqué avec des gaz lacrymogènes et les travailleurs électoraux se sont enfuis avant qu’un seul vote n’ait été déposé.

Le porte-parole du parti de M. Besigye à Kampala a dit que ces délais représentent “une tentative délibérée pour brimer” les électeurs dans les zones urbaines où M. Besigye serait très populaire, surtout à Kampala et dans le district voisin de Wakiso.

Le leader du Groupe d’observateurs du Commonwealth, l’ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, a estimé que ces longs délais sont “absolument inexcusables” et prévenu qu’ils “n’inspireront pas confiance envers le système et le processus”.

Plusieurs personnes ont dénoncé la paralysie apparente de médias sociaux comme Twitter et Facebook. Le chef de la Commission ougandaise des communications a attribué la situation à une “menace à la sécurité”, mais il a refusé de commenter plus avant.

M. Museveni a voté dans le district de Kiruhura, dans l’ouest du pays. Il a déclaré que la fermeture des réseaux sociaux est une “mesure de sécurité” qui doit être prise en réaction à certaines menaces. Mais Amnistie internationale a estimé que “la décision du gouvernement ougandais de bloquer l’accès aux réseaux sociaux sur les téléphones portables est une atteinte évidente aux droits fondamentaux des Ougandais à la liberté d’expression et d’information”.

“En l’absence de toute menace évidente à la sécurité, cette fermeture n’est rien d’autre qu’une mesure de censure au moment où les Ougandais élisent leurs leaders”, a dénoncé la responsable adjointe d’Amnistie pour l’Afrique de l’Est, Sarah Jackson.

M. Museveni a promis que les forces de l’ordre répliqueront à ceux qui menacent le déroulement harmonieux du scrutin. Il a aussi promis que les électeurs qui se présentent à temps pourront voter. La commission électorale a éventuellement annoncé une prolongation du vote de trois heures dans les districts de Kampala et de Wakison.

Plus de 15 millions d’électeurs sont inscrits pour voter.

“Ces incidents sont inquiétants parce que chaque citoyen ougandais a le droit de voter, a dit le chef de la mission d’observation de l’Union européenne, Eduard Kukan. Et s’ils ne peuvent le faire en raison de ces tactiques, alors cela doit être dénoncé, parce que cela voudrait dire que les élections n’ont pas été organisées correctement.”

M. Museveni a pris le pouvoir en 1986 et on lui accorde le crédit pour le retour de la paix et de la croissance économique au pays. Certains craignent toutefois qu’il n’ait l’intention de gouverner pour toujours. C’est la quatrième fois que M. Besigye se présente contre lui.

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