Le maire de Montréal s’est montré plutôt virulent contre la décision d’Uber qui se dit prêt à quitter le Québec le 14 octobre, en raison d’un désaccord avec le gouvernement provincial.
«Je ne braillerai pas. On ne te retient pas», a clamé Denis Coderre, en s’adressant à l’entreprise, au cours d’un point de presse mardi, avant de qualifier l’attitude d’Uber de «condescendante».
«On n’arrive pas de même en disant «si je n’ai pas ce que je veux, je m’en vais», a-t-il assuré. Je suis très sensible et très frileux face à la menace à peine cachée.»
Le maire de Montréal, qui n’a jamais caché par le passé son scepticisme face à l’arrivée d’Uber dans la métropole, a indiqué ne pas comprendre les arguments de la multinationale. Celle-ci refuse d’instaurer 35 heures de formation à ses chauffeurs, contre la vingtaine imposée actuellement.
«C’est quoi le problème d’avoir des mesures minimales? C’est minimaliste, a-t-il ajouté, en réclamant «une équité». [Les chauffeurs de] Téo Taxi [ont] 35 heures. C’est quoi le problème des heures de formation?»
Je ne sais pas ce qui va arriver le 14 octobre, mais ça avait plus l’air d’un positionnement au niveau de la négociation, en faisant en douceur un ultimatum. Mais je ne perdrai pas le sommeil aujourd’hui.» – Denis Coderre, maire de Montréal
Alors que Londres a récemment retiré la licence d’Uber en raison d’un laxisme de l’entreprise dans la vérification des antécédents judiciaires, l’ex-député libéral se veut prudent. «Faut pas non plus tomber dans le panneau et dire que [ce départ] est épouvantable pour Montréal, a-t-il annoncé. Il faut se donner des mesures pour protéger les clients. Que ce soit un chauffeur Uber ou de taxi, c’est le premier ambassadeur, par exemple, quand on arrive à l’aéroport».
Tout en précisant «ne pas être contre l’économie de partage», Denis Coderre a cependant souligné que le projet-pilote mis en place entre Uber et Québec a eu des effets positifs. «Uber a apporté une réalité, ça a forcé l’industrie [du taxi] à se redéfinir», a-t-il détaillé, en citant par exemple l’amélioration des applications mobiles et le paiement électronique.
Mais pour le maire de Montréal, si Uber décide finalement de quitter la province, ce ne serait pas en raison des mesures que souhaitent imposer Québec. «C’est probablement plus parce que [l’entreprise] ne veut pas créer un précédent partout dans le monde, a-t-il expliqué. C’est peut-être ça la réalité.»
Un éventuel départ d’Uber ne serait pas «un chèque en blanc» pour l’industrie du taxi, a-t-il également ajouté. «Ça ne veut pas dire qu’elle ne doit pas se prendre en main. Il faut qu’elle assure cette offre client et fasse les choses adéquatement», a prévenu Denis Coderre.
