Montréal

Taille des enseignes des commerces: rebienvenue en Absurdistan

Il y a quelques mois je vous parlais de l’absurdité du découpage territorial, qui permettait à des chasseurs de canards de s’adonner à leur passe-temps, en mépris du règlement, sans que l’on sache avec certitude s’ils étaient sur le territoire montréalais.

Voici un autre bel exemple d’absurdité qui concerne cette fois les
enseignes commerciales. Essayez un peu de deviner qui a des ennuis
actuellement avec les autorités de son arrondissement: 1. Le petit
commerçant de la rue Saint-Denis et son enseigne artistique qui fait
référence à la Belle époque ou 2. Bell et sa gigantesque enseigne qui
défigure la rue Sainte-Catherine au centre-ville?

Si vous avez opté pour le premier choix (le petit commerçant), vous avez gagné. Pour être plus précis, il faut savoir que ces deux commerces sont situés dans deux arrondissements distincts: Le Plateau et Ville-Marie qui ont des règlement différents.

Le petit commerce de la rue Saint-Denis, le Festin de Babette est une chocolaterie qui sert aussi des crêpes. La belle fresque qui sert d’enseigne existe depuis 13 ans. Depuis le changement de réglementation de l’arrondissement, visant notamment à diminuer la taille des enseignes, cette dernière est considérée comme étant trop grande (9 m2 au lieu de 3,6 m2).

L’ancien propriétaire bénéficiait toutefois d’un droit acquis puisque le règlement avait changé en cours de route. Un droit qu’a perdu le nouveau propriétaire en rachetant le commerce en 2010. Depuis, et malgré une pétition de 600 noms, il peine à faire fléchir les élus du Plateau qui accordent pourtant des dérogations pour les enseignes à caractère patrimonial.

Le comité consultatif d’urbanisme (CCU) rejette l’argument patrimonial même s’il note sa qualité artistique. On lui suggère de rafraîchir l’enseigne principale, de réduire la taille de l’ardoise et  de retirer les deux panneaux latéraux qui ne mettraient pas en valeur la pierre de l’édifice. Bonne nouvelle toutefois, le maire de l’arrondissement, Luc Ferrandez, a apporté sou soutien au commerçant, lundi soir lors du conseil d’arrondissement. On verra si les autres élus emboiteronnt le pas lors du prochain conseil.

Alors que le Plateau pêche parfois par excès de zèle (les Français grossiers disent: enculer les mouches), cela ne semble pas être le cas dans le centre-ville où l’on se demande encore comment l’enseigne de Bell peut avoir droit de cité.

Là aussi l’enseigne dépasse la taille autorisée (et de beaucoup, elle doit faire dans les 50 m2!). Vérification faite auprès de l’arrondissement Ville-Marie, il s’agit là aussi d’un droit acquis de longue date par le commerce. Et à la différence du Plateau, le droit acquis est transférable lors de la revente du commerce. Ce genre d’aberration se perpétuera tant que le règlement ne sera pas changé… Bienvenue en Absurdistan!

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