Lino Zambito a fait des révélations qui ont eu l’effet d’une bombe, lundi, à la Commission Charbonneau. L’ancien entrepreneur de la construction a reconnu avoir payé une «taxe» de 3 % pour financer le parti du maire Gérald Tremblay en plus d’avoir arrosé plusieurs fonctionnaires.
Ce 3% a été réclamé par le clan Rizzuto à partir de 2005, pour chaque contrat octroyé par la Ville de Montréal. M. Zambito s’était fait dire que cette nouvelle taxe servait à financer le parti du maire Tremblay, Union Montréal.
Des fonctionnaires de tous les échelons étaient corrompus, selon M. Zambito. Du surveillant de chantier à l’ingénieur qui planifiait les projets des appels d’offres en passant par l’arpenteur: chacun exigeait sa part du gâteau.
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Une bonne partie de ces montants était puisée à même les extras demandés à la Ville pour les contingences. «C’est ridicule, à quel point ça se savait, a indiqué M. Zambito. À la Ville, les entrepreneurs, les fournisseurs, c’est juste si ce n’était pas crié sur les toits».
Il a ajouté qu’à l’époque, il n’était pas convaincu que la Ville avait la volonté d’agir jusqu’en 2009. «Après 2009, c’était sauve-qui-peut. Mais avant il y avait un aveuglement volontaire», a souligné l’ancien vice-président de l’entreprise de construction Infrabec, en faillite depuis 2011.
En 2009, l’opération Marteau s’est mise en branle, braquant les projecteurs sur la corruption dans l’industrie de la construction. M. Zambito a d’ailleurs confirmé que plusieurs fonctionnaires de la Ville de Montréal ont pris leur retraite, cette même année.
