La Commission Charbonneau a tenté de comprendre mardi si des entrepreneurs en construction pouvaient faire affaires à Montréal sans prendre part au stratagème de collusion.
Un entrepreneur qui ne faisait pas partie du système réalisait rapidement qu’il ne faisait pas d’argent, a expliqué M. Zambito. Pour remporter un appel d’offres, le nouveau venu devait soumissionner à bas prix.
La marge de profit devenait quasi impossible. Comme l’a expliqué M. Zambito, des entrepreneurs gonflaient leur prix à Montréal en raison du système de collusion.
Par ailleurs, un nouveau venu n’était pas le bienvenu puisque personne ne pouvait en profiter pour se prendre des «extras». Ainsi, des ingénieurs pouvaient lui mener la vie dure, selon M. Zambito.
En ce qui concerne les chantiers montréalais, M. Zambito a précisé que les entrepreneurs s’entendaient entre eux. Contrairement à certains contrats avec le ministère des Transports où Vito Rizzuto, le parrain de la mafia, a réglé au moins un des conflit entre Tony Accurso et M. Zambito.
«Les entrepreneurs s’organisaient entre eux, ce n’est pas une recette magique. Ça se faisait au cas par cas», a souligné M. Zambito ajoutant que ce n’était pas une science exacte.
«Il n’y en avait pas de chicane entre entrepreneurs [à Montréal], il fallait mettre de l’eau dans son vin », a insisté M. Zambito. C’était dans l’intérêt des entrepreneurs de s’entendre sinon il y n’en avait pas de système.»
Le MTQ passera bientôt à la casserole
Certaines personnes doivent suivre les audiences de la Commission Charbonneau avec anxiété. En ce moment, l’administration du maire Tremblay se fait mener la vie dure par l’ancien entrepreneur de la construction Lino Zambito. Mais il abordera sous peu les stratagèmes de collusion auprès du ministère des Transports (MTQ). Il nous en a donné un avant-goût, mardi.
«Les ingénieurs [au ministère] en menaient large. C’est là que ce lien qu’il y avait entre les bureaux d’ingénieurs et les entrepreneurs… On rentre complètement dans la dynamique du financement des partis politiques provinciaux», a affirmé M. Zambito.
« Vous allez réaliser qu’il y avait des demandes politiques aux entrepreneurs. À Montréal, on a beaucoup identifié le fait que c’était le crime organisé [qui organisait la collusion dans la construction], mais je peux vous dire qu’à certains endroits le rôle du crime organisé, il était joué par des élus, a-t-il ajouté.
Ces révélations sont survenues au cours d’une parenthèse dans une journée assez dense où une quarantaine d’appels d’offres ont été analysés. Après cette phrase-choc sur la collusion à l’échelle provinciale, la commission a jugé bon de terminer l’étude des cas au municipal… avant d’y revenir sous peu.
