L’ancien entrepreneur de la construction Lino Zambito a affirmé, mercredi que l’escouade Marteau a fait mal aux entrepreneurs pratiquant la collusion, mais affecte aussi les PME.
À la mise en place de Marteau à l’automne 2009, plusieurs fonctionnaires corrompus de la Ville de Montréal ont pris leur retraite, a souligné M. Zambito devant la Commission Charbonneau.
Les échanges d’informations sensibles avec les entrepreneurs du cartel des égouts ont aussitôt cessé. À la lumière de l’analyse d’appels d’offres, M. Zambito a affirmé que la plupart des soumissions se faisaient en libre concurrence à partir de cette année-là.
Par ailleurs, comme il n’y avait plus de quote-part à verser à droite et à gauche (à la mafia et aux fonctionnaires corrompus), et parce qu’ils se savaient sous observation, les entrepreneurs ont convenu de baisser leurs prix de 15%.
Comme ces prix étaient déjà gonflés de 30%, les chantiers montréalais demeuraient encore 15% trop chers. De plus, M. Zambito a fait remarquer que, même si le cartel n’organisait plus entre eux les soumissions, un «pacte de non-agression» tacite était toujours en vigueur. En effet, les entrepreneurs continuaient de respecter le partage du territoire et personne n’a profité de l’occasion pour empiéter sur celui d’un autre.
Cependant, si l’escouade Marteau s’est avérée efficace, elle aurait aussi créé un autre problème. «Tout est gelé, les fonctionnaires de la Ville ont peur d’avoir peur», a soutenu M. Zambito. Les dossiers n’avancent pas et les problèmes de chantiers prennent du temps avant de se régler, selon ses informations.
Les PME s’essoufflent, ce qui favorisera les grandes entreprises et les multinationales, a prévenu l’ex-propriétaire d’Infrabec. D’ici deux ou trois ans, cette concentration entraînera une augmentation des prix, car ils contrôleront les marchés et l’approvisionnement des matériaux comme l’asphalte et le béton.
Le témoignage de M. Zambito s’est poursuivi, mais il a été frappé d’une ordonnance de non publication.
