Environnement

Assainir la qualité de l’air à Montréal

Deux chercheurs de l’Université Concordia ont élaboré des recommandations écologiques en matière de construction de bâtiment, afin d’effectuer un grand nettoyage de notre Montréal moderne, qui serait plus pollué qu’on le croit.

Ted Stathopoulos et Bodhisatta Hajra travaillent depuis de nombreuses années à cette étude dans le but d’assainir la qualité de l’air des grandes villes. Les deux chercheurs ont évalué la trajectoire et le volume de la pollution aérienne émise par certains bâtiments, en raison de leur activité.

M. Stathopoulos, professeur au Département de génie du bâtiment, civil et environnemental de l’Université Concordia, explique que plusieurs de ces bâtiments, qui peuvent abriter, par exemple, un hôpital ou un laboratoire, sont équipés de cheminées trop basses. Ainsi, plutôt que de rejeter les polluants au dessus de la ville, les cheminées les recrachent dans la ville; les polluants entrent donc à nouveau dans le bâtiment par la fenêtre ou par le système de ventilation ou d’air climatisé.

«Le problème vient du fait qu’avec le temps, les architectes ont commencé à diminuer la hauteur de ces grosses cheminées, pour une question esthétique, ajoute-t-il. Tout dépendant de la direction ou de la vitesse du vent, ces polluants se retrouvent à l’intérieur dudit bâtiment, ou pire, dans un bâtiment voisin.»

Plusieurs problèmes de santé peuvent survenir à cause ces polluants. M. Stathopoulos explique que certains bureaux l’ont contacté parce que des employés s’évanouissaient pendant qu’ils étaient au travail. «Cela n’arrivait pas nécessairement souvent, mais quelques fois, quatre ou cinq personnes s’évanouissaient dans la même journée et devaient retourner chez eux, explique-t-il. Après investigation, nous nous sommes rendus compte que cela était dû à ce phénomène, que nous appelons réingestion des polluants.»

Afin d’éviter cela, les deux chercheurs proposent des solutions en ce qui concerne l’endroit idéal où installer les fenêtres ou le système d’air climatisé dans un bâtiment. Évidemment, il est plus facile de faire ces recommandations au cours de la construction d’un bâtiment, plutôt que d’apporter d’imposants changements à un édifice déjà érigé.

MM. Stathopoulos et Hajra travaillent donc en partenariat depuis plusieurs années avec l’Institut de recherche Robert-Sauvé en santé et en sécurité du travail (IRSST) pour établir des lignes directrices sur lesquelles pourront se baser les ingénieurs et architectes qui conçoivent des bâtiments. «Parce qu’en ce moment, le code du bâtiment du Québec indique que les ingénieurs doivent faire tout en leur possible pour éviter le phénomène de réingestion, mais ils n’ont aucune indication claire pour ce faire! déplore le chercheur. Nous voulons donc les aider à élaborer ces mesures précises.»

Recommandations
Les chercheurs Ted Stathopoulos et Bodhisatta Hajra ont établi trois directives principales en ce qui concerne l’emplacement des cheminées et des entrées d’air pour minimiser la pollution de l’atmosphère en ville.

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