Montréal

Équité salariale: une nouvelle ressource pour les femmes non-syndiquées

Une ligne téléphonique confidentielle a été lancée il y a quelques semaines à Montréal pour aider les travailleuses non-syndiquées du Québec à obtenir la rémunération à laquelle elles ont droit. L’initiative du Conseil d’intervention pour l’accès des femmes au travail (CIAFT) a pour but d’informer les femmes concernées de leurs droits, et des recours à leur disposition en matière d’équité salariale.

«Bien que ça soit une obligation pour un employeur de prouver qu’il n’y a pas de discrimination dans son entreprise, les femmes qui ne sont pas protégées ont souvent à porter plainte elles-mêmes, a expliqué à Métro la chargée de projet en équité salariale de l’organisme, Roxanne Lorrain. Il n’y a pas de soutien, pas de mandat, et la travailleuse se retrouve toute seule dans le processus.»

Sans la présence d’un syndicat et de membres «qui travaillent à l’atteinte d’un idéal d’équité», une travailleuse est effectivement isolée dans son environnement professionnel, selon la porte-parole. «Il y a aussi cette peur de représailles qui est souvent bien présente quand on défend nos droits, malgré ce que la loi peut dire», a-t-elle fait savoir.

Accessible en matinée, en après-midi et en début de soirée, la ligne téléphonique a comme objectif de répondre aux questions quotidiennes des travailleuses, devant un blocage.

«On veut les accompagner par exemple dans la compréhension de l’affichage en entreprises, l’explication du concept d’équité salariale ou la formulation de plaintes, bref leur donner un paquet d’informations pour qu’elles soient aptes à intervenir elles-mêmes dans leur milieu.» – Roxanne Lorrain

En 2005, le CIAFT avait réalisé une recherche et publié un rapport sur l’équité salariale chez les travailleuses non-syndiquées. «On s’est rendu compte que le phénomène est en réalité très inconnu chez ce groupe de personnes. C’est complexe pour elles, en termes de mécanismes. Personne n’a pris le temps de bien leur expliquer», a analysé la membre de l’organisme.

Comme l’équité salariale est une loi et un concept «très technique et laborieux», d’après Mme Lorrain, le CIAFT dit vouloir d’abord faire prendre conscience aux femmes de «la manière dont on a tendance à sous-évaluer leur travail, leurs aptitudes et leurs compétences».

«On lit souvent dans les médias que l’écart s’amenuise, que ça va bien, mais en fait, il y a encore des disparités importantes entre les hommes et les femmes, surtout en milieu de travail, a considéré la chargée de projets. On tend vers l’équité au salaire horaire moyen, mais les femmes travaillent encore moins d’heures et elles sont moins présentes sur le marché du travail.»

Cette prise de conscience passe par l’éducation et la sensibilisation «dès l’école secondaire», aux dires de Roxanne Lorrain. «Au cégep, à l’Université, dans des milieux majoritairement féminins surtout, c’est important d’en parler, de ne pas avoir peur de traiter de discrimination», a-t-elle poursuivi.

L’an prochain, le Conseil espère pouvoir faire connaître son concept auprès des organismes communautaires et des syndicats nationaux grâce à de la formation dans les entreprises et de la diffusion dans les centres d’emplois. L’organisation vise à pouvoir répondre à une «demande récurrente» d’ici le printemps.

Financée par le secrétariat de la Condition féminine, la ligne ouverte est joignable au 1-833-381-3955.

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