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Tarification sociale: les usagers doivent être consultés, tranche un élu

Tarification sociale: les usagers doivent être consultés, tranche un élu
Photo: Josie Desmarais/Métro

Le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, estime que les usagers du transport en commun doivent être impliqués «davantage» dans le débat entourant le tarif social, un concept sur lequel l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) se penche actuellement.

Dans un mémoire déposé le 5 décembre dernier à la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM), la Ville de Montréal et la Société de transport de Montréal (STM) avaient proposé une série de réformes pour le transport en commun, sous formes de recommandations formulées à l’ARTM.

Il y est suggéré «d’uniformiser la gratuité d’accès au réseau pour les jeunes de moins de 12 ans» et «d’accorder minimalement aux aînés la gratuité d’accès au réseau, hors des heures de pointe». Un rabais général de 40% sur les services de transport en commun à Montréal est aussi mis de l’avant pour «les personnes à faible revenu».

Lundi, Marvin Rotrand a dit s’étonner du fait que l’administration Plante «semble déjà avoir décidé que la réduction des coûts pour certains usagers, en particulier ceux à faible revenu, devrait être la priorité», sans avoir cherché à sonder l’avis du public.

L’élu indépendant somme Montréal d’organiser réel échange d’idées avant toute chose. «Ce dossier n’a jamais été débattu au conseil municipal, ni amené devant le conseil d’administration de la Société de transport de Montréal», argue celui qui siégeait, jusqu’en novembre dernier, sur le CA de la STM. «Les membres du conseil actuel ne sont même pas au courant que ce document existe», s’indigne-t-il.

Le conseiller s’inquiète aussi que l’administration Plante «hausse les taxes» pour payer l’implantation de ces nouvelles mesures, dans l’éventualité où elle ne recevrait pas le soutien du provincial. «J’appuie toujours la Ville pour améliorer le transport en commun, mais il manque de pragmatisme. C’est quoi nos moyens, si Québec refuse de payer?», s’interroge-t-il, soulignant que le provincial est beaucoup plus «susceptible» d’investir pour «améliorer le service» d’abord. «C’est pour ça que le public doit être consulté avant que le gouvernement ne soit approché», plaide-t-il.

«L’idée d’utiliser les taxes pour payer une telle mesure a déjà fait l’objet d’opposition du côté de l’Association des villes de banlieues (AMB) et de plusieurs conseillers», renchérit-il.

Montréal calme le jeu
Appelée à réagir sur la question, la porte-parole du comité exécutif, Laurence Houde-Roy, a expliqué à Métro que le débat public sur la tarification sociale «passe justement par l’ARTM». «Ils sont en train de le faire, et pas juste avec Montréal, avec la couronne nord et sud, les banlieues. L’ARTM se fait bombarder d’opinions et de mémoires. C’est ça, ultimement, le débat public», avance-t-elle.

Le rôle de la Ville, dans ce contexte, «est simplement de faire des recommandations», justifie-t-elle. «Oui, à notre avis, Québec devrait avoir son rôle à jouer sur la tarification sociale. Mais cela dit, l’ARTM prendra toutes les décisions dans ce dossier», poursuit-elle, soulignant qu’il est visé à terme d’atteindre «une harmonisation des pratiques» dans toute la région métropolitaine.

Montréal réfute également les propos de Marvin Rotrand selon lesquels la STM n’aurait pas été consultée dans le processus. «C’est faux. La société de transport a bel et bien été consultée pour faire ces recommandations-là, en tant qu’expert», assure Mme Houde-Roy.

Celle-ci a également souligné que la Ville n’est pas tenue «de faire un débat sur la question au conseil municipal». «On recommande à l’ARTM de faire des études, on n’est pas en train de commander quoi que ce soit, donc on n’est pas obligés d’en débattre», considère-t-elle.

Elle ajoute que l’implantation d’une tarification sociale «était une promesse de Valérie Plante pendant la campagne». «Rien n’a été caché, c’est déjà une promesse de Projet Montréal, donc c’est une volonté claire», martèle-t-elle.