Montréal

Projet de loi 17: les taxis du Grand Montréal appuient la Ville dans sa quête pour plus de pouvoirs

Henri Ouellette-Vézina - Métro

Malgré la fermeture du gouvernement caquiste, le regroupement des taxis du Grand Montréal (TGM) appuie l’administration Plante dans son combat pour obtenir «plus de pouvoirs et de responsabilités» afin de conserver une certaine marge de manœuvre sur la mobilité dans la métropole.

«On est persuadés que le Bureau du taxi de Montréal peut gérer ce contrôle-là, dit le porte-parole de TGM, Michel Aboujaoudé, en entrevue à Métro. Ça fait plusieurs années qu’on travaille conjointement avec eux pour améliorer et moderniser l’industrie. On ne veut pas nier ça.»

Comme la nouvelle loi implique «l’arrivée potentielle de toutes sortes de nouveaux joueurs», le porte-parole estime effectivement «essentiel» que la Ville puisse exercer une plus grande influence sur ceux-ci, de par l’expertise qu’elle a développée au fil des années.

D’après des données de la Ville de Montréal, environ 75% des taxis au Québec pratiquent leurs activités à Montréal. Dans le cas des chauffeurs Uber, ce chiffre atteint 80%. Un peu plus de 4000 permis de taxis sont autorisés à l’échelle de l’île actuellement.

Hier, la mairesse Valérie Plante affirmait qu’il faut développer un service de taxis de qualité «sans pour autant se retrouver comme à New York, où la déréglementation fait en sorte que des voitures de partout viennent au centre-ville», là où c’est payant. «Moi, je ne veux pas plus de voitures au centre-ville, a-t-elle fait savoir. Ça doit être fait intelligemment.»

M. Aboujaoudé abonde relativement dans le même sens. Il dit trouver paradoxal que le gouvernement du Québec investisse autant dans la mobilité durable, mais qu’il accepte de gonfler le nombre de voitures sur les routes.

«Si ce projet de loi-là est adopté, n’importe qui peut devenir un taxi, sans même détenir un permis. C’est une loi qu’on va imposer sans limites, alors bien sûr que ça va ajouter des voitures, créer encore plus de congestion, alors qu’on met beaucoup d’argent pour améliorer les services de la mobilité.» -Michel Aboujaoudé, porte-parole des TGM

«Un bordel total»
Dans sa forme actuelle, le projet de loi 17 sur le transport rémunéré des personnes abattra les ratios permettant la survie de l’industrie, croit celui qui est aussi chauffeur de taxi depuis 1990. «On sait très bien que sans le ratio entre les habitants et les taxis, on ne sera plus du tout en mesure d’assurer une rentabilité aux chauffeurs à temps plein. Vous, demain, vous pourrez venir nous faire compétition», illustre-t-il.

Le responsable dit carrément s’attendre à «un bordel total» dans les prochains mois, si le projet de loi est adopté. «Ça va être le monopole des multinationales qui vont venir s’installer au Québec, vous verrez. Ça n’aura aucun sens», envisage-t-il.

D’après lui, c’est aussi les activités de la Société de transport de Montréal (STM) qui en seront affectées, une bonne partie de ses services de transport adapté devant aussi passer par l’industrie du taxi. «Personne ne peut le faire comme on le fait. On a l’expertise, la connaissance et la satisfaction de la clientèle. Oui, ça peut être amélioré, mais ce n’est pas en déréglementant l’industrie qu’on va y arriver», analyse également le principal intéressé.

Lundi, en fin d’après-midi, le ministre des Transports François Bonnardel a balayé du revers de la main les demandes de Montréal, soulignant que la loi «va être appliquée partout sur les territoires québécois». «Il n’est pas question que Montréal puisse gérer sa propre offre de taxi», a-t-il considéré.

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