Montréal

Des citoyens réclament l’abolition d’électrochocs en santé mentale

Des citoyens réclament l’abolition d’électrochocs en santé mentale
Photo: Facebook/Comité Pare-ChocsDes citoyens se sont rassemblés à Montréal pour revendiquer la fin des traitements par électrochocs au Québec .

MONTRÉAL — Un groupe de citoyens revient à la charge pour revendiquer l’abolition d’une technique controversée en santé mentale, soit l’utilisation d’électrochocs.

Un 13e rassemblement annuel contre les traitements par électrochocs au Québec était organisé samedi avant-midi à la place Émilie-Gamelin à Montréal.

En entrevue à La Presse canadienne, le porte-parole de l’événement, Ghislain Goulet, du Comité Pare-Chocs, a expliqué que les manifestants réclament que le ministère de la Santé et des Services sociaux documente au moins cette pratique dans l’espoir d’y trouver des solutions de rechange et ultimement abolir la pratique.

L’électroconvulsivothérapie, communément appelée ECT, est une intervention médicale de dernier recours utilisée pour certains troubles mentaux sévères qui résistent aux traitements par médicaments tels que la dépression majeure et la schizophrénie, selon l’Institut national de santé publique du Québec. Elle consiste à induire une convulsion dans le cerveau à l’aide d’un courant électrique.

En moyenne annuelle, 800 personnes ont reçu un tel traitement de 1996 à 2013, indique un rapport de l’Institut national de santé publique du Québec daté de 2016.

Samedi, M. Goulet a dit avoir l’impression que ça touche trop peu de personnes pour que le ministère de la Santé s’en préoccupe, même s’il a «un devoir de protéger ses citoyens les plus vulnérables».

Par ailleurs, ce n’est pas un hasard si ces manifestants ont choisi de se rassembler à la veille de la fête des Mères. Ils souhaitaient ainsi symboliser que «deux électrochocs sur trois» sont donnés à des femmes, dont 10 pour cent à des femmes âgées de 80 ans et plus, selon Ghislain Goulet.

Ce dernier dit être activement impliqué dans cette cause puisqu’il travaille auprès d’une clientèle vulnérable, dont plusieurs ont subi des traitements par électrochocs. Il allègue que ces traitements sont inefficaces puisque les patients retournent sur la médication peu de temps après, sans compter les dommages au cerveau causant notamment des pertes de mémoire.

La Presse canadienne