Montréal

Grève du climat: non, le Mont-Royal n’a pas été inondé de déchets

Grève du climat: non, le Mont-Royal n’a pas été inondé de déchets
Photo: Josie Desmarais/MétroEnviron 500 000 personnes ont participé à la grande marche pour le climat à Montréal le 27 septembre, selon des chiffres avancés par les organisateurs vendredi dernier.

À lire certaines publications qui ont circulé depuis vendredi sur Facebook, le Mont-Royal était rempli de déchets après le passage de la Marche pour le climat. Mais la réalité est toute autre, selon les organisateurs, qui condamnent une tentative de décrédibilisation du mouvement écologique.

«On s’y attendait. Comme on dit en anglais, haters gonna hate», explique à Métro le porte-parole du regroupement La Planète s’invite au Parlement, François Geoffroy.

Plusieurs publications montrant une supposée photo du Mont-Royal «après le passage de la manif pour l’environnement» ont été partagées des milliers de fois ce week-end. On y voit un bout de pelouse qui pourrait s’apparenter à la montagne montréalaise. Assez pour tromper facilement.

Capture d'écran d'une fausse nouvelle concernant les déchets laissés après la Marche pour le climat.
Une fausse nouvelle concernant les déchets laissés après la Marche pour le climat s’est propagée sur les réseaux sociaux cette fin de semaine.

Mais une simple recherche sur Google nous démontre le contraire. La photo datant de juillet 2018 – bien avant la grève –, est tirée d’un site européen du nom de «ForumDéchets.ch». Le cliché ne vient pas du Mont-Royal, ni même de l’Amérique du Nord. En fait, il vient de la ville de Lausanne, en Suisse.

Des craintes à comprendre

Pour M. Geoffroy, cela démontre que l’ampleur du virage environnemental cause d’importantes craintes dans la population.

«On est bien conscients que ça remet en question des habitudes de consommation et de comportement. Comme tout changement, il y a des gens qui se sentent menacés dans leurs habitudes. Le désir de cracher sur le messager et de décrédibiliser le mouvement est en quelque sorte compréhensible», analyse-t-il.

«C’est une réaction basée sur la peur d’un bouleversement à venir qu’on ne comprend pas, qu’on n’est pas certain de souhaiter. C’est un déni qu’on vit tous, même parfois nous, les militants. Semer la désinformation peut être une façon d’y réagir.» -François Geoffroy

Le militant observe que le problème de désinformation en ligne n’échappe pas à l’enjeu climatique, même qu’il le pollue sérieusement.

«La raison pour laquelle cette crise-là n’est pas traitée comme une crise, c’est aussi précisément à cause des campagnes de désinformation, dont certaines sont financées par des entreprises pétrolières. Disons qu’on a l’habitude d’avancer malgré cela», insiste-t-il.

Le repérage en ligne

Sur Facebook, le blogueur indépendant Xavier Camus a mis en lumière deux de ces fausses nouvelles depuis vendredi.

Joint par Métro, celui qui est aussi professeur de philosophie avance que la démarche des internautes est en réalité fort simple.

«On cherche des poux au mouvement écologique pour essayer de le discréditer et de dire que, finalement, ce n’est pas fiable, qu’on ne devrait pas l’écouter», envisage-t-il.

La critique procède, selon lui, de la même manière que les attaques récentes contre Greta Thunberg lorsque celle-ci a traversé l’Atlantique en bateau pour éviter l’avion. «Ce n’est pas étonnant que ça se répande aujourd’hui sur la manifestation, dit-il. Coûte que coûte, l’objectif est vraiment de montrer que les verts ne sont pas verts.»

Venant «autant de la droite que de la gauche idéologique», ces critiques n’ont aucun sens, selon lui.

«C’est un sophisme d’essayer de mettre la barre super haute pour que le message soit valide. L’important, c’est de garder le focus sur le message», note-t-il.

Environ 500 000 personnes ont participé à la Marche sur le climat, selon des chiffres avancés par les organisateurs vendredi dernier. La Ville de Montréal a d’ailleurs remercié les manifestants pour leur comportement exemplaire.