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Règlement d’inclusion: des groupes communautaires demandent à la Ville d’exiger plus de logements sociaux

logements sociaux
Photo: iStock

Des organismes demandent à la Ville de Montréal de revoir à la hausse le nombre de logements sociaux qui devront être inclus dans les projets immobiliers de la métropole. Les promoteurs répliquent que le règlement d’inclusion proposé par l’administration municipale risque d’aggraver la pénurie de logements disponibles.

Quelques dizaines de citoyens et de représentants d’organismes ont pris part mardi soir à la première d’une série de séances d’audition des opinions sur le règlement pour une métropole mixte que tient cette semaine l’Office de consultation publique de Montréal (OCPM).

Cette réglementation prévoit d’inclure 20% de logements sociaux, jusqu’à 20% de logements abordables et environ 15% de logements familiaux dans les projets immobiliers de plus de cinq unités. Son application est prévue dès janvier 2021.

«Ça suffit les tours à condos. Il faut faire des logements sociaux», a martèle à Métro la chargée de projet en urbanisme participatif à la Table de quartier Peter-McGill, Maryse Chapdelaine. Dans un mémoire qui sera présenté jeudi devant l’OCPM, l’organisme demande à la Ville de doubler le seuil de logements sociaux réclamés dans ce nouveau règlement pour le faire passer à 40%.

Plusieurs citoyens ont pris part mardi soir à une séance d’audition des opinions sur le règlement pour une métropole mixte. Celle-ci a eu lieu dans les locaux de l’Office de consultation publique de Montréal.

Logements abordables 

Cette dernière a d’ailleurs évoqué les prix plafonds prévus par la Ville pour les logements abordables, qu’elle juge trop élevés. Le règlement de la Ville prévoit un prix de vente maximal de 450 000$ pour un logement abordable de trois chambres dans les quartiers centraux. Le loyer maximal pour un logement abordable d’une chambre dans les quartiers centraux serait de 1040$ par mois.

«Si on veut miser sur les familles, il faut privilégier les logements sociaux», a aussi affirmé mardi soir Alain Arsenault, qui est organisateur communautaire au CIUSSS Centre-Sud.

Actuellement, 22 000 ménages sont en attente d’un logement subventionné auprès de l’Office municipal d’habitation de Montréal. En parallèle, quelque 85 000 ménages montréalais consacrent plus de la moitié de leur revenu pour se loger.

Une situation qui préoccupe la Direction régionale de santé publique de Montréal.

«Si on dépense plus pour son loyer, ça a un impact sur nos finances et on a alors moins d’argent pour bien se nourrir», a soulevé le Dr David Kaiser.

Compensation financière

Le règlement donne d’ailleurs plusieurs portes de sortie aux promoteurs. Ces derniers pourront notamment donner une contribution financière à la Ville variant en fonction de l’ampleur du projet immobilier ou encore lui céder un terrain. La Ville se servira de ces fonds et de ces espaces pour réaliser des projets de logements sociaux.

Mme Chapdelaine réclame quant à elle une révision à la hausse des contributions financières des promoteurs prévues dans ce règlement afin de faciliter la concrétisation de projets de logements sociaux par la Ville.

«Exacerber» le manque de logements

Mercredi soir, l’Association des professionnels de la construction du Québec (APCHQ) prendra part à cette consultation publique. Cette dernière prévient dans un mémoire que ce règlement pourrait faire fuir des promoteurs vers la banlieue et ainsi contribuer à «exacerber» la rareté de logements disponibles dans la métropole.

«On craint une spirale inflationniste. On crée l’abordabilité des uns au profit de l’inabordabilité des autres», a lancé à Métro le vice-président principal des affaires publiques à l’APCHQ, François Bernier.

«Il peut y avoir un petit impact transitoire, mais ça va être assez minime», a tempéré l’architecte Ron Rayside, de la firme Rayside Labossière. Selon ce dernier, l’ensemble de la région métropolitaine devrait adopter un tel règlement d’inclusion. Cela permettrait, selon lui, d’éviter que des promoteurs migrent vers la banlieue pour se soustraire de celui-ci.

L’APCHQ réclame pour sa part que la Ville offre des compensations financières aux promoteurs qui appliquent ce règlement afin de «combler leurs pertes de rentabilité». 

 

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