Montréal

REM: une voie de contournement et plus de bus pour compenser les travaux

REM: une voie de contournement et plus de bus pour compenser les travaux
Photo: Zacharie Goudreault/ MétroLa ministre déléguée aux transports et à la région métropolitaine, Chantal Rouleau.

La pression citoyenne semble avoir porté ses fruits. Des trains de la ligne Mascouche conserveront l’accès au centre-ville pendant les travaux du Réseau express métropolitain (REM), tandis que de nouvelles navettes d’autobus seront mises en place pour desservir les usagers de la ligne Deux-Montagnes.

Le gouvernement Legault avait déjà annoncé en septembre être en discussions avec le CN afin de permettre à des trains de la ligne Mascouche d’emprunter une voie qui contourne le mont Royal pendant les travaux du REM. Grâce à une entente de 30 M$ conclue avec la compagnie de chemins de fer, trois trains de cette ligne pourront circuler temporairement sur cette voie pendant les heures de pointe du matin et de l’après-midi. Exceptionnellement, ceux-ci auront priorité sur les trains de marchandises du CN.

«Nous souhaitions nous assurer que les citoyens aient accès au trajet le plus direct vers le centre-ville», a indiqué vendredi la ministre déléguée aux transports et à la région métropolitaine, Chantal Rouleau. Cette dernière a donné une conférence de presse vendredi dans la Gare centrale au sujet des bonifications des mesures d’atténuation qui seront mises en place pendant les travaux du REM.

Ligne orange

Cette mesure évitera à des milliers d’usagers de cette ligne d’avoir à effectuer un transfert à la station de métro Sauvé pour se rendre au centre-ville de Montréal dès janvier, soit lorsque le tunnel du mont Royal sera fermé. Cela permettra ainsi d’éviter d’augmenter encore davantage la pression sur la section est de la ligne orange, qui est déjà saturée aux heures de pointe.

Cette voie de contournement rallongera toutefois d’une vingtaine de minutes le trajet des usagers de la ligne Mascouche. En empruntant ce détour, le trajet entre la gare Mascouche et le centre-ville devrait ainsi atteindre 1h35.

ligne Mascouche
Trois trains sur cinq de la ligne Mascouche emprunteront une voie qui contourne le mont Royal pour se rendre directement au centre-ville pendant les heures de pointe dès janvier. Les deux autres trains s’arrêteront pour leur part à la gare Ahuntsic. Crédit: Mobilité Montréal.

Plus de bus

Les usagers de la ligne de Deux-Montagnes ne seront pas en reste. Le nombre de départs de la ligne d’autobus d’exo 404, qui relie les gares Deux-Montagnes et Grand-Moulin au centre-ville en-dehors des heures de pointe, passera ainsi de 23 à 44. La fréquence de ceux-ci sera de 15 minutes aux heures de pointe et de 30 minutes en fin de matinée et début d’après-midi. En soirée, un bus passera chaque heure pour prendre des passagers dans les deux directions.

Ainsi, jusqu’à 1250 usagers pourront être transportés quotidiennement vers le centre-ville grâce à cette navette. Mme Rouleau s’est d’ailleurs montrée confiante que plusieurs résidents de Deux-Montagnes accepteront de laisser leur voiture dans leur garage pour prendre le bus aux heures de pointe.

«Le temps qu’on prendra en transport collectif sera moins long que le temps en voiture», a-t-elle affirmé.

Le porte-parole de Trajectoire Québec, François Pepin, s’est toutefois montré sceptique.

«Les mesures d’atténuation, c’est d’abord pour réduire l’impact sur les usagers actuels. C’est plus le REM qui va servir d’outil pour attirer de nouveaux usagers […] Avec les temps de transport qu’on a là [en bus], ce n’est pas ça qui va inciter des automobilistes à lâcher la voiture», a-t-il dit à Métro.

Pression populaire

Au cours des derniers mois, la pression populaire a été forte auprès du gouvernement Legault et de l’organisme exo, responsable des trains de banlieue du Grand Montréal. Une demande d’action collective a d’ailleurs été déposée en mars dernier pour contester les travaux du REM et leurs impacts sur des milliers d’usagers des trains de banlieue.

«Si nous pouvons améliorer notre plan et améliorer le service [de transport collectif], nous allons le faire», a ajouté Mme Rouleau. Cette dernière a d’ailleurs affirmé avoir étudié «sérieusement» les demandes des citoyens pour de meilleures mesures alternatives pendant les travaux du REM.