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Budget 2020: l’administration Plante est «irresponsable», juge l’opposition

Le chef d'Ensemble Montréal, Lionel Perez Photo: Josie Desmarais/Métro

L’opposition officielle à l’hôtel de ville de Montréal déplore de nouveau que l’administration Plante-Dorais soit «dépensière et irresponsable». La Ville, qui a présenté lundi son troisième budget depuis son entrée au pouvoir en 2017, serait tout simplement inapte à gérer ses propres finances d’après le parti, dont les élus voteront contre l’adoption du budget 2020.

«Ils sont en train de continuer à s’endetter de façon astronomique et de taxer les générations futures. Ils sont complètement hors de contrôle», a tonné le chef d’Ensemble Montréal, Lionel Perez, lors d’une mêlée de presse.

L’élu municipal dénonce entre autres l’augmentation de 8,1% des dépenses par rapport à 2019. «Si on fait un cumul sur trois ans, on arrive à 17,6% d’augmentation. C’est presque un milliard de dollars, et on a même dépassé le cap psychologique du 6 G$. C’est du jamais-vu à Montréal», s’indigne-t-il.

D’après lui, l’administration Plante n’a pu éviter le «gouffre financier» que pour une seule raison: les transferts du gouvernement du Québec. «C’est seulement grâce aux fonds provinciaux reçus, soit 150 M$, que la Ville a pu éviter le gouffre financier de l’année prochaine. Ils ont évité de justesse une décote de la part des agences de crédit, ce qui aurait eu des impacts significatifs», déplore le chef de l’opposition.

«J’aimerais bien avoir une idée de ce qui est dépensier pour Projet Montréal si 1 G$ en trois ans, ce ne l’est pas.» -Lionel Perez, chef de l’opposition

Un «chèque en blanc»

Son collègue, le maire de Saint-Laurent Alan DeSousa, abonde dans le même sens. Il s’attaque notamment aux «effets pervers» qu’aura à long terme la gestion financière de Projet Montréal.

«C’est quelque chose de très surprenant de demander au conseil municipal de donner un chèque en blanc pour s’endetter jusqu’en 2026. C’est ridicule, a-t-il martelé. Pourquoi avoir une politique de la gestion de la dette si c’est pour la dépasser année après année?»

M. DeSousa dit avoir de «sérieux doutes» sur la capacité de la Ville de gérer les services aux citoyens, dont le déneigement et les infrastructures routières.

«Mieux gérer»

Au-delà des sommes investies, M. Perez déplore que l’augmentation de taxes – fixée à 2,1% en moyenne – soit beaucoup plus élevée pour les immeubles de six logements et plus.

«On parle de 5,8% dans mon arrondissement à Côte-des-Neiges. Ça va toucher les locataires, les gens plus vulnérables. Et il y a une façon de pallier ces problèmes: on peut tout simplement contrôler nos dépenses», plaide-t-il.

Les villes liées se questionnent

Le président de l’Association des municipalités de banlieue (AMB), Benny Masella, a lui aussi émis plusieurs réserves. Selon lui, la méthode de calcul d’établissement des quotes-parts entre les villes de l’agglomération est incohérente.

«Les sommes versées en quotes-parts par les citoyens des villes liées de l’agglomération sont, dans une très forte proportion, significativement plus élevées que celles de Montréal pour les services d’agglomération. Nous demandons donc à la Ville de revoir sa position […] afin de trouver une méthode de calcul juste, équitable et acceptable», a-t-il plaidé dans un communiqué.

Les villes liées n’écartent pas la possibilité d’avoir recours à un «médiateur indépendant» nommé par le gouvernement Legault «pour dénouer cette impasse».

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