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Quel avenir pour le «nightlife» à Montréal, après la pandémie?

vie nocturne Mathieu Grondin
Le directeur général de MTL 24/24, Mathieu Grondin. Photo: Josie Desmarais | Métro

Riche de ses nombreux festivals, bars et discothèques, Montréal est reconnue depuis plusieurs années comme l’une des villes avec le meilleur «nightlife» au monde. Mais risque-t-elle de perdre sa réputation, faute d’innovations dans le contexte de la COVID-19?

C2 Montréal, qui a dû annuler son événement annuel ce printemps en raison de la crise sanitaire, a décidé, comme plusieurs, d’innover. Elle permet ainsi à des organismes d’utiliser son compte Instagram pour réaliser des événements ponctuels d’une journée dans le cadre d’un concept de série en ligne appelée «C2 Takeover».

C’est ainsi que l’organisme MTL 24/24 «prendra d’assaut» les réseaux sociaux de C2 ce jeudi, dès 10h, afin de diffuser une série de conférences avec des experts qui aborderont les enjeux du «nightlife». Un secteur dont dépendent plusieurs commerces et entreprises culturelles qui écopent grandement de la crise sanitaire actuelle.

«On veut s’inspirer de ce qu’un peu tout le monde à travers le monde compte faire [pour faire face à la crise sanitaire]. On réalise qu’il faut trouver des alternatives en extérieur où la distanciation sociale peut être respectée», indique à Métro le directeur général de MTL 24/24, Mathieu Grondin.

«Sinon, il y a plein de partys privés qui vont se faire et les gens vont se ramasser dans les parcs», ajoute M. Grondin. Le premier ministre François Legault a d’ailleurs affirmé vendredi dernier que les rassemblements privés intérieurs ont joué un rôle plus important dans la récente hausse du nombre de cas de coronavirus au Québec que les bars.

MTL 24/24, de même que plusieurs autres représentants du secteur, pressent d’ailleurs la Ville depuis plusieurs semaines de mettre en place des mesures pour faciliter la tenue d’événements extérieurs après minuit cet été dans la métropole, par exemple en convertissant des zones industriels en espaces publics.

Nouvel interlocuteur

Les organismes disposent d’ailleurs d’un nouvel interlocuteur à la Ville pour discuter de ces enjeux alors que celle-ci a comblé le 29 juin le poste de commissaire chargé d’établir une politique du bruit et de la vie économique nocturne, a appris Métro. Il s’agit de Déborah Delaunay, une consultante en bruit environnemental qui a notamment oeuvré dans les dernières années pour l’organisme Vivre en ville. La Ville a aussi annoncé mardi un investissement de 400 000$ pour aménager sept grandes terrasses et places publiques au centre-ville cet été, une initiative qui arrive toutefois «un peu tard dans la saison», constate M. Grondin.

«Il n’y a plus personne dans les rues après minuit. On est en train de mettre à mal l’économie de notre centre-ville.» -Mathieu Grondin, directeur général de MTL 24/24

Préserver la vie nocturne

Mathieu Grondin a fondé le mois dernier le «Conseil de nuit» afin de trouver des solutions à proposer à la Ville de Montréal pour assurer la survie de son industrie nocturne. Celui-ci compte une douzaine de personnes spécialisées dans les différentes facettes du secteur, dont le professeur Will Straw, de l’Université McGill, un pionnier des études sur le «nightlife» à Montréal qui prendra part à l’événement de jeudi. Celui-ci constate une diminution dans les dernières années du nombre d’établissements contribuant à la réputation de Montréal à cet égard.

«Il y a beaucoup de gentrification qui fait en sorte que des boîtes de nuit doivent fermer en raison de la hausse des loyers et des voisins qui se plaignent du bruit», souligne M. Straw, qui appréhende la fermeture de plusieurs autres commerces en raison de la crise sanitaire.

Dans ce contexte, la Ville de Montréal devrait s’inspirer d’autres métropoles à travers le monde qui ont mis en place des mesures pour préserver la vigueur de leur «nightlife», estime l’expert.

«À Berlin, on a décidé de reconnaître les clubs comme faisant partie du partenariat culturel, donc on leur donne de l’argent», illustre M. Straw. Le professeur questionne aussi la récente décision de la Santé publique d’ordonner la fermeture des bars de la province à minuit pour limiter la propagation du coronavirus.

«Dans plusieurs villes, en fermant à 6h du matin, ça permet d’étendre les clients dans les bars sur une plus longue période», affirme-t-il.

L’événement se terminera avec une prestation du DJ local Christian Pronovost diffusée sur les réseaux sociaux de C2 à partir de 17h, jeudi.

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