L’arrondissement de Villeray–Saint-Michel–Parc Extension entend contester devant les tribunaux l’emplacement du centre de compostage qui doit être construit dans le Complexe environnemental Saint-Michel (CESM).
«Il y a des procédures qui sont en train de se faire, a confié mardi la mairesse de l’arrondissement, Anie Samson. On étudie nos documents.»
L’action en justice s’appuiera sur une directive du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs (MDDEP) voulant qu’une distance d’au moins 500 mètres doit exister entre un centre de compostage et une résidence. À Saint-Michel, la première résidence est située à 187 mètres de la future usine, d’après la mairesse.
«Ce qui est le plus insultant, c’est que la Ville a tenu compte scrupuleusement du 500 m de la première résidence [pour les centres de traitement des matières organiques] dans LaSalle, dans Saint-Laurent et dans Montréal-Est», a ajouté Mme Samson.
«Cette disposition [concernant le 500 mètres] n’est pas absolue, a affirmé la chef de Vision Montréal, Louise Harel, qui s’est renseignée auprès du MDDEP. Elle est très souvent mise de côté si les études d’odeur concluent qu’il n’y a de problème pour les résidents.»
«On ne veut pas être l’exception», a répliqué Anie Samson.
La Ville de Montréal a annoncé récemment que le CESM sera l’un des quatre sites où sera construit d’ici 2016 une usine de traitement des matières organiques. Pas moins de 29 000 tonnes de digestat (pré-compost) et de résidus verts y seront traités à chaque année.
La responsable du Développement durable, de l’Environnement, des Grands parcs et des Espaces verts à la Ville de Montréal, Josée Duplessis, a tenté mardi de rassurer la population de Saint-Michel en disant que ce ne sont pas des déchets qui seront transportés à Saint-Michel, mais bien des ressources qui y seront compostées.
Mme Duplessis a également indiqué qu’aucune odeur ne sera émise par le centre de compostage et que les camions circuleront à l’ouest de la future usine. «On va être à un quart du nombre de camions qu’il y a présentement pour le compostage des feuilles», a-t-elle fait savoir.
Un comité de suivi, sur lequel siégeront des citoyens du quartier, doit être mis sur pied ce printemps.
Vision Montréal a aussi demandé que le futur centre de compostage obtienne une certification LEED, qu’un toit vert soit aménagé sur le dessus, qu’une œuvre d’art public soit installée tout près. «Nous croyons que cela peut corriger les inquiétudes de la population», a dit Mme Harel. Josée Duplessis entend répondre positivement à ces demandes.
Pour la Coalition Non à l’usine de compostage à Saint-Michel, le projet de construction d‘un centre de compostage dans le CESM ne convient pas au quartier. «On essaie de revitaliser le quartier et on vient planter une usine en bordure d’un parc», s’est désolé Jean Panet-Raymond, qui est membre de la coalition.
Pas moins de 88M$ ont été investis au cours des dix dernières années pour remettre en état l’ancienne carrière Miron afin qu’un parc, presque aussi grand de celui du Mont-Royal, y soit aménagé d’ici 2017.
La coalition déposera une pétition de quelques milliers de noms à la prochaine réunion du conseil municipal lundi prochain.
