Montréal

Navette fluviale: des horaires qui rebutent des travailleurs

Navette fluviale Navark PAT
La Navette fluviale Navark Photo: Gracieuseté/Navark

Alors que la navette fluviale reliant Pointe-aux-Trembles et le Vieux-Port de Montréal se veut l’un des «services alternatifs au voiturage en solo», ses horaires n’ont rien pour attirer les travailleurs qui voudraient l’utiliser comme moyen de transport pour se rendre à leur bureau au centre-ville, déplore la Corporation de développement communautaire de la Pointe – région est de Montréal (CDC).

Remise en question en raison de la pandémie, la navette fluviale de l’entreprise Navark a finalement pu reprendre du service le 3 juillet. Celle-ci permet d’atteindre le Vieux-Port de Montréal en une trentaine de minutes, soit environ la moitié du temps qu’il en faut en transport en commun traditionnel.

Cette rapidité pourrait séduire les travailleurs, si ce n’était de l’heure tardive du premier départ.

«Dix heures le matin pour le premier trajet, c’est bien trop tard !», s’exclame Jonathan Roy, directeur de la CDC, estimant que les travailleurs ont été laissés pour compte.

Pourtant, dans un communiqué annonçant le retour de la navette fluviale, la ministre Chantal Rouleau évoquait un service alternatif au «voiturage en solo permettant de faire de la mobilité durable une réalité concrète.» La mairesse d’arrondissement Caroline Bourgeois y voyait elle aussi un «formidable moyen de transport collectif».

Déception

L’intégration de la navette fluviale à la grille tarifaire de l’Autorité régionale de transport métropolitain (ARTM) via la carte OPUS donnait aussi l’impression que le service allait s’adresser autant aux travailleurs qu’aux touristes et plaisanciers.

«Quand ils ont annoncé qu’ils accepteraient maintenant la carte OPUS, j’étais fou de joie et je comptais vraiment la prendre tous les jours! Ça aurait été fantastique pour aller travailler! Mais quand j’ai vu les horaires, j’ai vraiment été déçu», s’exclame François Laplante.

«Avec le passage inclus à même notre passe mensuelle STM, il me semble que ça aurait été encore plus populaire!», opine Véronique Leblanc, une travailleuse qui se résignera à prendre le bus et le métro, «un trajet bien plus long».

Jonathan Roy de la CDC reconnait que l’intégration du service à la carte OPUS «est un engagement sérieux de la part de la STM». Du même souffle, il souligne que la navette cessera ses activités le 6 septembre, soit en pleine rentrée automnale.

Contacté par Métro, l’ARTM explique qu’il fallait adopter une «approche rationnelle et responsable» dans le «contexte incertain du retour au travail».

«L’horaire de la navette se base donc sur l’étude d’achalandage et le retour d’expérience de 2019. C’est pourquoi il privilégie les plages horaires qui étaient les plus populaires», affirme Simon Charbonneau, conseiller, affaires publiques et relations médias à l’ARTM.

Normand Noël, président de Navark, indique que la société «prend en note les commentaires des riverains et des travailleurs afin de les transmettre à l’ARTM.»

L’impossibilité de réserver sa place serait aussi un frein à l’utilisation de la navette. Un irritant qu’a soulevé Caroline Bourgeois dans une lettre envoyée à l’ARTM.

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