Les organisateurs des festivals de rue de Montréal, qui ont été durement secoués par l’annonce de la disparition du Grand Prix du Canada, n’ont pas dit leur dernier mot. Ils dévoileront ce matin les détails d’une ultime tentative de sauvetage, une démarche qui soulève toutefois un certain scepticisme.
Alain Creton, le porte-parole de l’Association des marchands de la rue Peel, a laissé entrevoir une nouvelle mobilisation du milieu des affaires. «La démarche que nous proposerons a porté fruits dans le passé», a indiqué M. Creton à Métro hier, sans toutefois vouloir en dire davantage.
Peu d’observateurs croient toutefois aux chances de survie du Grand Prix. «Si les trois paliers de gouvernement n’ont pas réussi à convaincre Ecclestone, je ne pense pas qu’il se laissera attendrir par les commerçants», a déclaré le chroniqueur automobile Jacques Deshaies.
Il existerait un écart de 10 M$US entre l’offre des gouvernements et les demandes d’Ecclestone. «La différence est tellement importante qu’il paraît très peu probable que les commerçants puissent combler l’écart», a estimé Philippe Crépeau, qui couvre la F1 depuis plus de 15 ans pour Radio-Canada.
Un seul espoir pour le Grand Prix de Montréal
Malgré les efforts renouvelés des commerçants pour sauver le Grand Prix du Canada, certains observateurs croient que seul un changement de taille à la tête de la formule 1 pourrait permettre à l’épreuve montréalaise de survivre.
«Il y a toujours une possibilité que le Grand Prix revienne, a avancé Philippe Crépeau, qui couvre la F1 pour Radio-Canada. Mais pour ça, il faudra que Bernie Ecclestone laisse sa place et que le championnat retrouve des coûts plus raisonnables.»
Le chroniqueur automobile Jacques Deshaies ne croit cependant pas qu’un tel scénario deviendra une réalité de sitôt.
«Bernie Ecclestone ne quittera jamais son poste, a-t-il dé-claré. Il garde 50 % des revenus de la F1 et remet l’autre 50 % aux constructeurs. Pensez-vous vraiment qu’il tournera le dos à ça?»
Et les constructeurs automobiles, qui s’étaient ligués en 2003 pour appuyer un retour de la F1 à Montréal, ne semblent pas vouloir se mouiller cette fois.
«Les constructeurs automobiles ont constaté que leurs ventes n’ont pas souffert de l’absence du Grand Prix des États-Unis [en 2008]», a dit M. Deshaies.