Une journée après avoir appris par voie de communiqué que son Grand Prix était retiré du calendrier de la FIA pour l’année 2009, le promoteur de l’événement montréalais, Normand Legault, a annoncé hier qu’il jetait l’éponge.
«La pression du marché, le coût du plateau et les demandes des équipes font en sorte qu’il n’est plus viable pour une entreprise privée comme Grand Prix du Canada de continuer, a expliqué en point de presse Paul Wilson, vice-président marketing et planification stratégique du Grand Prix. Nous avions le choix de renégocier l’entente qui nous liait à Bernie Ecclestone [le président de la Formula One Management (FOM)], ou de nous retirer. Il semble qu’Ecclestone ait pris
la décision.»
Paul Wilson n’a pas voulu clouer le dernier clou dans le cercueil du Grand Prix du Canada, précisant qu’une autre entreprise pourrait prendre le relais et présenter l’épreuve.
«Il est possible que les gouvernements choisissent de s’unir et de créer un organisme sans but lucratif qui pourrait organiser le Grand Prix, a-t-il laissé tomber. La question est maintenant de savoir s’ils veulent le faire. Mais une chose est sûre, si le Grand Prix revient à Montréal, Normand Legault n’en sera pas le promoteur.»
Une situation aussi inattendue que décevante
La décision «unilatérale» de Bernie Ecclestone de retirer le Grand Prix du Canada du calendrier 2009 de la FIA a surpris au plus haut point les organisateurs de l’événement, dont on célébrait les 30 ans hier.
«Il existait un différend commercial entre nous et Ecclestone, a expliqué le vice-président marketing et planification stratégique du Grand Prix, Paul Wilson. Normand Legault lui a fait quatre ou cinq propositions au cours des derniers mois pour tenter de remédier à la situation. Jusqu’à lundi, nous étions convaincus qu’une de ses propositions avait été retenue.»
Le grand manitou de la F1 en aurait pourtant décidé autrement et choisi d’utiliser la clause échappatoire incluse dans le contrat qui le liait à Normand Legault.
«Nous trouvons dommage qu’Ecclestone ait coupé court aux négociations et agi de la sorte», a déclaré M. Wilson, qui admet tout de même que Montréal pouvait difficilement rivaliser avec Shanghai ou Abou Dhabi. «Si on regarde le Grand Prix de nuit présenté à Shanghai récemment, juste les coûts d’éclairage sont immenses. Et du côté d’Abou Dhabi, on s’attend à ce que le Grand Prix ressemble à ce que la Chine a fait pour la cérémonie d’ouverture des Jeux olympiques.»
Normand Legault se concentrera maintenant sur la présentation de l’épreuve de NASCAR, dont la tenue n’est pas encore assurée.
«L’utilisation du circuit Gilles-Villeneuve pour le NASCAR est conditionnelle à la tenue du Grand Prix de Formule 1, a précisé Paul Wilson. Normand Legault devra donc négocier avec la Ville de Montréal pour s’assurer que l’épreuve pourra encore avoir lieu.»