Montréal

Montréal serait privé de Grand Prix cet été

La ville de Montréal a reçu une gifle monumentale à son réveil, hier. Contre toute atten­te, le Grand Prix du Canada a été rayé du calendrier de la Fédé­ration internationale de l’automobile (FIA), publié hier.

Les dirigeants du Grand Prix du Canada ont appris par les médias que leur événement ne figurait plus à l’agenda de la FIA. Ils ont déclaré ne vouloir faire aucun commentaire sur la situation avant d’avoir parlé aux responsables de la Formula One Management (FOM), présidée par Bernie Ecclestone, et de la FIA.

Également informé de la situation par les médias, le maire de Montréal, Gérald Tremblay, n’a pas voulu trop s’avancer, se contentant de rappeler l’importance de l’événement pour la métropole.

«Le Grand Prix joue un rôle très important pour Montréal. En plus d’entraîner d’importantes retombées économiques, il offre une très grande visibilité à la ville, a déclaré le maire Tremblay. Je vais devoir parler à Normand Legault [grand manitou de la F1 à Montréal]. On va devoir regarder, au cours des prochaines heures, ce qu’on peut faire pour sauver l’événement. Si on doit mobiliser tout le monde comme on a fait il y a trois ans et recommencer le travail, on le fera.»

Tout n’est pas encore joué pour Montréal puisque le calendrier publié hier n’est pas encore officiel. La version définitive du calendrier ne doit être adoptée qu’au début du mois de décembre par le Conseil mondial du sport automobile.

Initialement prévu le 7 juin 2009, le Grand Prix du Canada a été remplacé par le Grand Prix de Turquie. La ville d’Abou Dhabi, aux Émirats arabes unis, remplit le vide laissé par la disparition de l’épreuve canadienne. Ce 18e et dernier Grand Prix de la saison 2009 doit avoir lieu pour la première fois le 15 novembre.

Une affaire de gros sous

La communauté d’affaires de Montréal a été durement ébranlée par le retrait du Grand Prix du Canada du calendrier de la FIA.

«Quand
j’ai entendu la nouvelle à la radio ce matin, je me suis dit : « Bon
sang, mais qu’est-ce qui se passe encore », a indiqué Alain Creton,
porte-parole du Regroupement des commerçants de la rue Peel. La
nouvelle a eu le même effet que si on m’avait annoncé que le Canadien
déménageait en Arabie saoudite.»

La surprise a été aussi grande du côté de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

«J’ai
reçu la nouvelle avec beaucoup d’étonnement, a confié la présidente de
la Chambre, Isabelle Hudon. Le Grand Prix est trop précieux pour
Montréal pour que nous le perdions.»

Pour les commerçants de
la rue Crescent, qui vibrent au rythme du Grand Prix chaque année,
l’annulation de l’événement pourrait être rien de moins que
catastrophique.

«Pour les plus petits marchands, la fin de
semaine du Grand Prix peut faire ou briser une année, a expliqué Sandy
Greene, porte-parole de l’Association des marchands de la rue Crescent.
Sa disparition pourrait être mortelle pour certains d’entre eux.»

Mobilisation attendue

Pour
le moment, aucun plan d’action n’est prévu. Tous attendent d’en
connaître plus sur les raisons du retrait du calendrier de la FIA du
seul Grand Prix d’Amérique du Nord.

«Avant de se mettre en mode panique, on va écouter le point de vue de Normand Legault», a précisé Mme Hudon.

Mais
tant la Chambre que l’Association des marchands de la rue Crescent ou
le Regroupement des commerçants de la rue Peel ont déjà confirmé qu’ils
feraient tout en leur pouvoir pour sauver l’événement.

Le
Grand Prix du Canada représente, en trois jours d’activités, plus de 75
M$ de retombées économiques pour la ville de Montréal. Le rayonnement
international qu’assure la diffusion de l’épreuve à la ville se
chiffrerait également en centaines de millions de dollars.

Le
promoteur Normand Legault s’était entendu avec la FIA en 2006 pour
assurer la présentation du Grand Prix du Canada jusqu’en 2011. Les
gouvernements provincial et fédéral, Tourisme Montréal, Normand Legault
et la Ville de Montréal s’étaient engagés à investir 5,5 M$ en cinq ans
afin d’améliorer les installations de l’île Notre-Dame.

«On
dirait que Bernie Ecclestone [le président de la Formula One Management
(FOM)] veut faire pression sur Normand Legault pour avoir plus, a
avancé M. Creton. Mais est-ce qu’il veut plus d’argent ou une entente à
plus long terme? Ça, on l’ignore.»

Normand Legault étant
retenu à l’extérieur du pays, Paul Wilson, le vp marketing et
planification stratégique du Grand Prix, rencontrera la presse
aujourd’hui.

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