François Croteau, maire de Rosemont-La Petite-Patrie: Nouvelle génération au pouvoir
Le 1er novembre, les électeurs de quatre arrondissements ont fait le pari du changement. Autrefois détenus par le parti du maire, Union Montréal, les arrondissements d’Ahuntsic-Cartierville et du Plateau-Mont-Royal sont passés aux mains de Projet Montréal, tandis que ceux de Rosemont-La Petite-Patrie et du Sud-Ouest ont basculé vers Vision Montréal. Métro vous présente aujourd’hui le quatrième de cinq articles traitant du vent de changement que souhaitent y insuffler les quatre nouveaux maires.
Rencontre avec le maire de l’arrondissement de Rosemont-La Petite-Patrie et membre de Vision Montréal, François Croteau.
À votre arrivée à la tête de Rosemont-La Petite-Patrie, dans quel état se trouvait l’arrondissement?
L’administration précédente a laissé l’arrondissement en très bon état. André Lavallée a fait un très bon travail. Il faut le reconnaître. Je ne pense pas que la qualité de son travail ait été la cause de sa défaite ou de ma victoire.
Il y a quand même de gros défis à relever. Rosemont est le troisième arrondissement le plus pauvre de Montréal au niveau du revenu moyen de ses résidants. Le bât blesse aussi au niveau des budgets. Rosemont a le troisième plus petit budget d’opération en terme de budget versus citoyens. Il y a un déséquilibre énorme entre les arrondissements qu’il faut régler si on veut que Montréal fonctionne bien.
Quel est votre objectif pour les quatre prochaines années?
Mon mandat s’inscrit dans la continuité et dans le changement. L’administration précédente avait mis en place des mesures qui se sont avérées très efficaces, notamment au niveau de la sécurité autour des écoles. On ne doit pas mettre la clef dans la porte de quelque chose qui est bon sous prétexte que c’est l’administration précédente qui l’a mis en place.
Là où on va se différencier, c’est au niveau de l’intensité des mesures qu’on appliquera. Dans le dossier de l’apaisement de la circulation, on va mettre beaucoup plus d’argent pour avoir plus de mesures globales et intenses. On ne se concentrera pas uniquement autour des écoles. On va agir dans l’ensemble de l’arrondissement.
Quels changements entendez-vous apporter à votre arrondissement?
Je suis d’une autre génération qu’André Lavallée. Mon engagement en tant que citoyen se situe notamment au niveau du développement durable. Mon approche de gestionnaire aussi est différente. Je suis d’une génération de gestion où la concertation et les partenariats avec les acteurs locaux sont au cÅ“ur des prises de décision. Sous André Lavallée, c’était un leadership différent. Je ne dis pas qu’un est mieux que l’autre, c’est seulement une vision et un ton différents.
Autre aspect très important de ma philosophie, c’est la proximité entre la démocratie et les citoyens. On veut que les citoyens se sentent plus interpellés et impliqués et qu’ils puissent comprendre ce qui se passe dans leur arrondissement. Si on veut que les gens participent à la démocratie et aillent voter, c’est à nous, les élus, de faire les premiers pas.
Quels projets souhaitez-vous réaliser au cours de votre mandat?
Plusieurs projets proposés par Union Montréal sont déjà en route. Nous irons de l’avant avec la construction de la bibliothèque Marc-Favreau. La rénovation de l’aréna Père-Marquette doit aussi se faire rapidement.
On s’est engagé à rénover l’aréna et on veut le faire. Si on ne la rénove pas, on devra la fermer, mais on ne veut pas couper dans les services. On attend toutefois les confirmations budgétaires. On a eu des coupures de 40 % [3,2 M$] dans notre PTI [Plan triennal d’immobilisation]. On aura des choix à faire. L’aréna représente des investissements de 6 M$ alors que notre PTI est de 8 M$.
Il y a la piscine Rosemont qui aurait besoin de travaux évalués à 8 M$. Cette piscine est dans un très piteux état et pourrait péter (sic) n’importe quand, mais on n’a pas l’argent pour la réparer. On songe par ailleurs à rendre la promenade Masson piétonne. On veut mener une consultation publique auprès des acteurs commerciaux et des citoyens avant de le faire, mais on a ouvert la porte à la piétonnisation.
Notre programme contient des projets très ambitieux qui vont toucher l’ensemble de l’arrondissement. On veut innover à tous les points, mais on ne veut pas préciser les projets tant que les consultations ne sont pas terminées.
Avez-vous l’argent nécessaire pour mener à terme ces projets ambitieux?
Oui et non. L’intérêt c’est d’être créatifs, de créer des partenariats, de trouver des façons de faire différentes qui nous permettent d’agir malgré les difficultés budgétaires. On doit cesser de se rabattre sur l’impossibilité d’agir à cause des finances. On va être pris le restant de nos jours avec des problèmes budgétaires. Il faut trouver de nouvelles façons de faire.
Avez-vous abandonné des projets prévus par l’administration précédente?
Il y a un projet qu’on a abandonné dès le départ parce que, selon nous, il n’était pas acceptable et nous amenait dans un gouffre financier complet. Il s’agit de l’achat par l’arrondissement de l’église Saint-Marc, sur la rue Beaubien. Ça nous semblait totalement irresponsable. Nous avons annoncé très rapidement, au conseil d’arrondissement, notre intention de ne pas aller de l’avant avec le projet.
Pour le reste, il n’y a pas de projets qui ont été abandonnés. On travaille cependant à trouver une solution au dossier très délicat et très chaud de Cité Nature [un projet de condominiums prévus derrière le Village olympique, aux abords du club de golf municipal].
C’est un dossier extrêmement complexe. Localement, on ne pourra intervenir que sur la prochaine étape. On ne pourra rien faire pour la première. Il demeure que le promoteur a un droit acquis. Il a acheté les terrains il y a plusieurs années. Éventuellement, il va quand même construire quelque chose. On ne peut pas l’empêcher. On ne peut qu’essayer d’amoindrir les conséquences.