Montréal

Montréal peut faire mieux en matière de vélo

Le gourou danois du cyclisme urbain, Mikael Colville-Andersen, est en ville dans le cadre de la Féria du Vélo organisée par Vélo Québec. Selon lui, Montréal est sur la bonne voie, mais doit encore faire des efforts pour améliorer ses infrastructures et promouvoir le vélo urbain comme mode de vie et non pas comme une contre-culture.

Faudrait-il adapter le code de la route aux cyclistes pour qu’ils respectent les lois ?
C’est vrai que vous avez des cyclistes assez téméraires ici! On peut contribuer à changer cela en modifiant les infrastructures. À Copenhague, on a synchronisé les feux des cyclistes. S’ils respectent une certaine vitesse, les feux est vert tout le long. Il y a aussi des feux qui passent au vert 2 à 12 secondes avant pour les vélos et des autoroutes pour cyclistes afin de décongestionner certaines pistes. Bientôt, les cyclistes pourront tourner à droite sur un feu rouge en ville.  Quand le réseau est bien imaginé, les gens suivent les règles.

Comment promouvoir une culture du vélo avec nos hivers ?
Ça n’est pas inconciliable. En Finlande, il y a une ville au niveau du cercle polaire où le vélo a sa place toute l’année. Chez nous, les pistes cyclables sont salées et dégagées avant les routes. C’est une priorité pour la ville car sinon on aurait 200 000 cyclistes qui voudraient prendre leur auto ou le transport en commun et ce serait l’horreur. Je ne crois pas qu’avec la machinerie que vous avez à Montréal ça ne soit pas possible. Une fois que le réseau sera sécuritaire l’hiver, les cyclistes suivront.

Êtes-vous pour le port du casque?
Le casque est un outil fantastique pour les politiciens fainéants. Dans une culture émergente du vélo comme la vôtre, le débat sur le casque, ce n’est que du marketing négatif qui décourage les gens, car on ne parle alors que de risque. Avez-vous vu un seul constructeur automobile communiquer sur les 1,2 million de morts chaque année sur les routes, où alors sur le casque pour conducteur auto? Non pourtant un tel produit existe!

Le vélo a une valeur économique pour la société selon vous?
L’auto a une fonction dans notre société, mais il y en a trop. Dans nos études au Danemark, on a vu que chaque kilomètre parcouru à vélo permet d’économiser à l’État. D’abord en frais de santé, car les cyclistes sont moins stressés et ils vieillissent en meilleure santé. Le vélo, par rapport à l’auto, permet aussi d’économiser de l’argent sur la réparation des routes ainsi que sur le temps perdu dans les embouteillages. Une piste cyclable sur une rue permet aussi d’augmenter la valeur des habitations qui la jalonnent. Ce qu’il faut comprendre, c’est qu’un réseau cyclable refaçonne la ville, limite la vitesse et le nombre d’autos, améliorant ainsi la qualité de vie. 

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