Montréal

Le tueur de frênes découvert à Montréal

C’est la nouvelle que tout gestionnaire de parc montréalais craignait : l’agrile du frêne a été détecté à Montréal. Cet insecte ravageur exotique, qui n’est pas dangereux pour l’homme, a décimé des centaines de milliers de frênes aux États-Unis et en Ontario depuis une douzaine d’années.

Le petit coléoptère asiatique, qui n’a pas de prédateur naturel chez nous, est capable de tuer un frêne en deux à quatre ans. Les larves d’agrile du frêne grandissent sous l’écorce des arbres, le rongeant en partie pour se nourrir, nuisant ainsi au passage de la sève.

«L’agrile du frêne représente une menace pour la forêt urbaine de Montréal, qui compte quelque 45 000 frênes de rue, soit environ 20 % des arbres de rue», a indiqué Denis Quirion, directeur des grands parcs à la Ville de Montréal.

Les quatres arbres infectés ont été détectés non loin de la rue Notre-Dame, à proximité du port. Même si l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ne fera connaître les résultats de son enquête qu’à l’automne, il s’agirait vraisemblablement d’une nouvelle introduction. L’apparition de l’agrile du frêne aurait pu se faire par l’intermédiaire de palettes de bois infestées en provenance d’Asie, estime une source bien informée. Mais selon M. Quirion, «il ne s’agit pour l’instant que d’une hypothèse parmi d’autres».

Des mesures réglementaires pourraient être adoptées par l’ACIA «afin d’interdire le transport de bois de chauffage et de résidus de bois à l’extérieur des zones infestées», a précisé la Ville. «Le traitement, ainsi que l’abattage sélectif accompagné du remplacement des frênes infestés par d’autres essences, pourraient aussi être des solutions envisagées.»

Les conséquences pour les activités du Port de Montréal seront-elles importantes? C’est la question que se posent désormais les observateurs. En effet, dans les zones infectées, le transport du bois peut-être sévèrement réglementé. Or le transport des marchandises se fait de façon fréquente en utilisant des palettes ou des caisses de bois.

«On aura un portrait complet de la situation d’ici l’automne et à partir de là, une stratégie d’intervention sera prise », a déclaré Jacques Audette, spécialiste des programmes sur l’agrile du frêne à l’ACIA, qui n’a pas voulu spéculer sur les causes de cette infestation.

L’arrivée de l’agrile du frêne met aussi en exergue les retards pris dans l’application de la Politique de l’arbre. Cette politique adoptée en 2005 prévoyait notamment le géoréférencement de tous les arbres du domaine public d’ici 2008. Un objectif qui a pris un certain retard dans bien des arrondissements.

Quoi faire?

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